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"On rentre à la maison" : la fin de dix jours d'attente pour certains sinistrés des incendies en Gironde
Après avoir accueilli jusqu'à 7 000 personnes au plus fort des incendies, le Parc des expositions de Bordeaux se vide progressivement. Jeudi 30 juillet, les habitants de neuf communes ont été autorisés à rentrer chez eux. Un soulagement pour certains, tandis que d'autres sont plutôt nostalgiques.
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Le Parc des expositions de Bordeaux s'est vidé après l'annonce, jeudi 30 juillet, de la préfète de la Gironde autorisant les habitants de neuf communes à rentrer chez eux. Il ne reste désormais plus grand monde dans cette immense structure, qui avait accueilli jusqu'à 7 000 évacués durant le week-end des 25 et 26 juillet, au plus fort des incendies.
Certains y ont passé près de dix jours. Alors, jeudi, lorsqu'une femme portant un t-shirt de la métropole monte sur une chaise, saisit un micro et annonce la nouvelle, des centaines de regards se tournent vers la sortie. "On rentre à la maison." Pour Michel, 74 ans, c'est la fin d'un calvaire. "Je suis fatigué, j'ai envie de rentrer à la maison." Cet habitant de Saint-Médard-en-Jalles n'a qu'une hâte : retrouver son chat. Michel l'a laissé une semaine tout seul à la maison. Une véritable angoisse.
"Ça me fait peur, je n'ai pas envie de retrouver mon chat mort."
"Je sais qu'il avait de l'eau, se rassure Michel. Dans le garage, il y a des croquettes. J'étais stressé, l'autre fois, j'ai eu un emballement du cœur, je suis allé à l'hôpital. Je me demandais où il était ? Comment il allait pouvoir s'en sortir avec la fumée ?"
Quelques mètres plus loin, Mathéo 16 ans, veut retrouver son lit double. Capuche sur la tête, décoiffé, des poches sous les yeux, sa moyenne de temps de sommeil sur la semaine qui vient de s'écouler est d'environ quatre heures par nuit. "Je dors mal, les lits ne sont pas confortables., dit-il. Ce sont des lits de camp, un peu comme les militaires. Ce n'est pas comme un vrai lit, tu tombes un peu dans le vide et tu dors mal la nuit."
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Au fond du Hall 2, Vanessa ne pense qu'à sa réserve de Ventoline située dans un placard de sa salle de bains à Cestas. Cette trentenaire est asthmatique. "Pour moi c'était très compliqué, indique-t-elle. J'avais du stress en permanence, je n'étais pas bien, je n'arrêtais pas de pleurer. Mais là, ça va mieux. Je serai plus rassurée chez moi avec mes médicaments."
Cet incendie est devenu une véritable addiction pour Jeanne, les yeux collés à son téléphone portable. Agacée par les fausses informations qui ont envahi le parc des expositions : "Les gens disent blanc, les autres disent bleu, donc on est un peu perdus, on a du mal à s'y retrouver avec tout ça, regrette cette sinistrée. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? Il y a des bruits de couloir, il y en a qui ne comprennent pas ou qui déforment."