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Après les incendies en Gironde, cette rumeur sur les panneaux solaires explose sur les réseaux sociaux
Depuis le 22 juillet, environ 40 000 hectares ont brûlé en Gironde et 220 000 personnes ont été évacuées. Sur les réseaux sociaux, des vidéos virales accusent des promoteurs photovoltaïques d’avoir provoqué les flammes pour installer des parcs solaires. Mais ce lien est vite démonté par les vérifications de l’AFP.
Selon les autorités, c’est l’incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. La Gironde n’en est pas à son premier épisode de ce genre. En 2022, deux feux simultanés avaient déjà ravagé près de 20 000 hectares de pinède, à La Teste-de-Buch et à Landiras. Et c'est cette proximité géographique entre les deux catastrophes qui a fait resurgir une théorie déjà répandue sur TikTok, Facebook et X, selon laquelle les incendies serviraient à dégager des terrains pour y installer des panneaux solaires. À Hostens, dans le Sud-Gironde, un homme filmé depuis son tracteur reprend cette rumeur dans une vidéo devenue virale. Mais à partir de permis de construire, d’images satellites et de témoignages d’experts, l’AFP rétablit les faits.
Publiée depuis le 25 juillet dernier, la vidéo TikTok totalise déjà 520 000 vues et 12 400 partages. Depuis son tracteur, l’auteur affirme reconnaître le site d’Hostens où les pompiers avaient combattu les flammes en 2022, et découvrir aujourd’hui des rangées de panneaux photovoltaïques à leur place. Sur X, Silvano Trotta, connu pour relayer des infox sur le climat et les vaccins, reprend la publication et ironise sur une transformation miraculeuse de la forêt en parc solaire.
C'’était sans compter sur l’AFP, qui a effectué une recherche par mots-clés, et retrouvé les dossiers de permis de construire de deux centrales photovoltaïques situées à Hostens, celle du Haut de la Lande, sur 21 hectares, et celle du Chemin de Tuzan, sur 38 hectares. Ces dossiers, publiés en août 2010, sont consultables depuis octobre 2021 sur le site de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Nouvelle-Aquitaine. Notre confrère régional Sud Ouest avait déjà rendu compte du projet dès le 28 octobre 2010, accueilli favorablement par la municipalité de l’époque, la parcelle ayant subi des dégâts lors du passage de la tempête Klaus en 2009.
Selon les archives d’images satellites consultées, le chantier a débuté dès juillet 2014, et une image de mai 2016 affichait les panneaux entièrement installés, plusieurs années avant les incendies de 2022. En comparant des vues Google Street View de juillet 2014 à des images plus récentes, l'AFP a repéré plusieurs éléments communs aux deux périodes, dont des rangées de panneaux identiques et un bâtiment beige situé près d’une structure bleu foncé. Ce site était déjà celui filmé dans la vidéo virale, avant la pose définitive des panneaux.
Le mégafeu de Gironde a hélas généré d’autres vagues de fausses informations. Nous vous rapportions que les utilisateurs les plus dépendants aux réseaux sociaux peinent davantage à distinguer une information vérifiée d'une fausse, selon une étude américaine de la Michigan State University. Des internautes ont aussi partagé, au même moment, des cartes de propagation des flammes générées par intelligence artificielle, parfois trompeuses. Les internautes qui relaient la théorie des panneaux solaires ne s’arrêtent toutefois pas à la vidéo tournée à Hostens.
Des internautes accusent aussi le projet Horizeo, porté par Engie et Neoen, une théorie déjà écartée en 2022 par une première vérification factuelle. Le 11 janvier 2021, les deux entreprises avaient dévoilé ce projet de centrale photovoltaïque, estimé à 600 millions d’euros, prévu sur 680 hectares de forêt au sud de Bordeaux pour une puissance de 800 mégawatts. Depuis sa présentation, des habitants, des professionnels de la forêt et des associations environnementales s’opposent au projet, par crainte d’un risque accru d’incendie et d'’inondation.
En comparant la carte du projet aux zones parcourues par les flammes, l’AFP confirme qu’il ne s’agit pas des mêmes sec