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Actualité : Voitures électriques chinoises en France : pourquoi l'invasion annoncée est invisible sur nos routes
On annonce partout l'invasion des voitures chinoises en France. Sauf que voilà, sur la route, on en croise peu sur la route. Les immatriculations du premier semestre expliquent l'écart entre le discours et la réalité sur les routes.
Au premier semestre 2026, les constructeurs chinois ont immatriculé 41 048 voitures neuves en France, soit 4,8 % d'un marché à 857 188 immatriculations. Cette part a doublé en un an, de 2,6 % à 4,8 %. Le total se partage entre quatorze constructeurs, avec MG en tête à 16 416 voitures et BYD à 13 546.
En face, Renault a immatriculé 150 738 voitures sur ces six mois, Peugeot 113 480 et Dacia 68 953. Renault vend plus de trois fois le total chinois. Jaecoo, arrivée au printemps, a vendu 3 875 voitures en trois mois et Leapmotor a progressé de 140 % avec l'appui du réseau Stellantis.
Le parc automobile français compte près de 39 millions de voitures particulières. Les 41 048 immatriculations chinoises du semestre pèsent environ 0,1 % de ce parc. On ajoute à cela moins de deux millions de voitures neuves par an, toutes origines confondues. Les ventes neuves d'un semestre changent très peu la composition des voitures en circulation.
La deuxième explication, c'est qu'aucun modèle chinois n'est dans le classement des 40 voitures les plus vendues du semestre. On trouve le SUV MG ZS à la 42e place avec 5 567 immatriculations. La MG3 arrive à la 52e place et le BYD Atto 2 est à la 55e position. À titre de comparaison, le Tesla Model Y s'est vendu à 22 635 exemplaires et la Renault 5 à 20 664 unités. Il y a donc quatre fois plus de Renault 5 neuves vendue que de MG3.
Et rappelons que beaucoup de voitures produites en Chine ne s'affichent pas comme chinoises. Les Tesla Model 3 vendues en France sortent de l'usine de Shanghai. La Dacia Spring arrive de Chine sous un logo roumain.
Volvo, Lotus et smart appartiennent au groupe chinois Geely.
Les citadines smart sortent d'usines chinoises depuis le passage à l'électrique. À l'inverse, MG porte un logo hérité de son histoire anglaise, avant son rachat par le groupe SAIC. Beaucoup d'automobilistes croisent des voitures chinoises sans le savoir et pense qu'une MG est une voiture anglaise.
Au premier semestre 2026, 15 172 voitures électriques chinoises ont été immatriculées, soit 6,3 % du marché électrique français. L'éco-score du bonus écologique écarte les voitures fabriquées en Chine, ce qui limite les volumes. MG n'a représenté que 1,1 % des ventes électriques du semestre.
La meilleure vente électrique chinoise, c'est le Xpeng G6 avec à peine 2 714 exemplaires. Sur ce marché électrique, la part chinoise progresse d'un demi-point en un an, de 5,8 % à 6,3 %. La part chinoise progresse moins vite en France que chez nos voisins. Sur l'Europe entière, les constructeurs chinois atteignent 9,5 % des ventes du semestre. En juin, cette part atteint 10,9 % sur le continent.
L'éco-score français et les droits de douane sur les voitures électriques expliquent une partie de l'écart. Les hybrides ne sont pas concernés par ces règles et MG comme BYD concentrent leurs volumes sur ces motorisations même si Bruxelles prépare la riposte.