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Actualité : Apnée du sommeil : 80 % des cas sont ignorés, cette app française transforme votre smartphone en dépistage
Fixé sur le thorax pendant une seule nuit, un smartphone peut désormais repérer l'apnée du sommeil avec une fiabilité proche des examens hospitaliers. Validée par l'hôpital Bichat, la solution de la jeune pousse française Apneal entend révolutionner le diagnostic d'une pathologie qui touche 900 millions de personnes, dont 80 % l'ignorent.
© Shutterstock / rozdemir - Le smartphone, fixé sur le thorax à l'aide d'un adhésif, enregistre sons, mouvements respiratoires et battements cardiaques pendant toute la nuit grâce à l'application Apneal.
Aujourd'hui encore, plus de 80 % des personnes souffrant d'apnée du sommeil passent sous les radars de la médecine, un chiffre qui atteint même 90 % chez les femmes. En France, le parcours traditionnel impose de passer une polysomnographie en centre hospitalier : un examen dont le coût varie entre 130 et 500 euros, précédé de trois à six mois d'attente. C'est pour contourner cet embouteillage médical que la start-up française Apneal a développé un diagnostic de première ligne à la fois rapide, économique et accessible directement depuis son smartphone.
Le principe est d'une simplicité désarmante : après avoir rempli un questionnaire établissant le profil du dormeur, l'utilisateur fixe son téléphone en mode avion sur son thorax à l'aide d'un adhésif, y compris sous un vêtement. Pendant la nuit, le micro enregistre les ronflements, l'accéléromètre capte les mouvements respiratoires et les capteurs de mouvement relèvent les changements de position. Au matin, l'intelligence artificielle d'Apneal synthétise l'ensemble des données en un indice d'instabilité respiratoire, accompagné de courbes et de métriques détaillées.
Une première étude clinique menée à l'hôpital Bichat (AP-HP) sur une cinquantaine de patients a montré une concordance d'environ 90 % avec la polysomnographie de référence.
Corrélation entre l'indice d'apnée-hypopnée (AHI) estimé par Apneal et celui mesuré par polysomnographie hospitalière (Figure 4B). Chaque point représente un patient. La proximité avec la diagonale traduit une concordance de 90 % (Pearson 0.90, ICC 0.89).
"Cela nous indique que c'est une apnée sévère. On voit instantanément que c'est dans toutes les positions", constate le Dr Alain Ganassi, vice-président de la Communauté professionnelle territoriale de santé Pays d'Azur, face aux résultats d'un dépistage.
Un essai européen de plus grande envergure, impliquant 1 000 patients dans 20 centres en France, en Allemagne et en Espagne, est en cours pour confirmer ces résultats et obtenir le marquage CE classe IIa de dispositif médical.
Depuis juin, les habitants de Mougins, Mouans-Sartoux et La Roquette-sur-Siagne (Alpes-Maritimes) bénéficient d'un accès gratuit à Apneal dans le cadre d'un partenariat avec la CPTS Pays d'Azur.
Le rapport généré par Apneal au matin détaille l'indice d'apnée-hypopnée (AHI) par position, les perturbations respiratoires, la fréquence cardiaque, les ronflements et les phases de sommeil, reproduisant l'essentiel d'un examen de polysomnographie hospitalier.