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Voici Cactile, la start-up albigeoise qui transforme les clôtures de jardin en réservoirs anti-inondation
Les sécheresses et inondations s'intensifient en France. La start-up Cactile propose sa réponse, avec une clôture stockante capable de recueillir l'eau de pluie pour irriguer les massifs et jardins, tout en soulageant les réseaux.
À Albi, une petite entreprise, baptisée Cactile, a eu une idée assez ingénieuse : et si nos clôtures, des éléments qu'on ne remarque même plus avec le temps, servaient à stocker l'eau de pluie ? Parce que nos villes encaissent de plus en plus mal les caprices du ciel, la start-up du Tarn a mis au point une clôture stockante capable de recueillir l'eau de pluie depuis les toitures, et de la redistribuer à l'aide d'un simple robinet pour l'arrosage, avec un minimum de technologie. Nous avons rencontré à Paris son président et fondateur, Jean-Baptiste Landes.
Le mécanisme sur lequel Cactile fonde sa raison d'être serait presque ironique. Oui, plus une ville s'étend, moins elle sait absorber la pluie qui lui tombe dessus. Dans les pays développés, jusqu'à 80 % de la population vit aujourd'hui en zone urbaine, sur des sols bétonnés qui empêchent l'eau de s'infiltrer naturellement dans le sol, comme elle le ferait sur un terrain resté à l'état naturel. Un phénomène amplifié par le changement climatique : chaque pluie forte ruisselle et inonde au lieu de recharger les nappes phréatiques, qui s'assèchent ensuite un peu plus à chaque épisode de sécheresse. Cactile, une société à mission fondée en 2021 et invitée par l'INPI cette année à VivaTech, veut casser cette mécanique.
« Les bâtiments dans les villes sont aujourd'hui les principaux ennemis de l'eau », résume sans détour Jean-Baptiste Landes, le fondateur de la société. Ils imperméabilisent les sols et empêchent l'infiltration, tout en étant, paradoxalement, le premier poste de consommation d'eau potable. Un double problème que l'entreprise tarnaise a décidé d'attaquer de front, avec le soutien de partenaires comme Bpifrance, l'agence régionale AD'OCC et l'école IMT Mines Albi-Carmaux.
D'où le nom Cactile, d'ailleurs, contraction de cactus et de tile, tuile en anglais. Le cactus, cette plante increvable qui a mis 40 millions d'années à développer ses propres fonctions de collecte et de stockage d'eau pour survivre au désert, sert de modèle biologique. L'ambition, selon Jean-Baptiste Landes, est de « leur permettre de stocker un maximum d'eau de pluie quand il pleut et ensuite de pouvoir la réutiliser à un rythme plus acceptable par la nature ». Une philosophie que le dirigeant est même allé défendre sur la scène du TEDxCannes, et qui irrigue, sans mauvais jeu de mots, tous les produits de la marque.
Le produit phare de Cactile, déjà commercialisé, est une clôture, un objet assez banal. Un équipement tellement courant qu'on ne le remarque même plus, avec environ 20 000 kilomètres installés chaque année en France, dont 2 000 kilomètres rien que pour les maisons et immeubles d'habitation. Cactile a eu l'idée de s'en servir comme d'une éponge géante : à l'intérieur des poteaux et panneaux se cachent des réservoirs capables de stocker entre 40 et 80 litres d'eau par mètre linéaire selon le modèle choisi, soit, pour une clôture de 10 mètres, jusqu'à 800 litres de pluie récupérés sans effort.
Concrètement, la clôture fonctionne comme un immense bidon caché à la vue de tous. L'eau qui tombe sur le toit du bâtiment auquel elle est rattachée est captée par les gouttières habituelles, puis redirigée vers la clôture au lieu de filer dans les égouts. Elle patiente ensuite dans des réservoirs discrets, logés entre les poteaux. Et il n'y a pas de capteur ni de pompe sophistiquée pour faire ce travail. « Tout est low-tech », nous dit Jean-Baptiste Landes, qui tient à rappeler qu'aucune prouesse électronique ne se cache dans la structure elle-même. Résultat, selon lui : « ça devient un outil de gestion de l'eau de pluie », qu'il suffit ensuite de libérer d'un tour de robinet pour arroser massifs et jardins.
Pour ce qui est de l'esthétique, Cactile n'a pas sacrifié