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« Et si c’était la dernière fois ? » : ce que j'ai vécu de près à quelques kilomètres du feu de Saumos
Jamais, depuis le début des mesures, les incendies n'avaient brûlé une telle superficie en France. Conditions météo, erreurs humaines, ou sous-estimation du danger ? Découvrez les vraies raisons qui ont mené à un niveau de catastrophe sans précédent dans notre pays.... Lire la suite
Ce week-end, la Gironde et les Landes ont traversé une épreuve d’une violence inouïe, laissant derrière elle des paysages méconnaissables et des dizaines de milliers de vies bouleversées. Mais derrière la stupeur des images qui ont fait le tour du monde, ces quelques jours en enfer racontent aussi une tout autre histoire : celle d’une solidarité hors norme, d’un courage ordinaire et de héros du quotidien qui refusent de baisser les bras.... Lire la suite
Il s’est déclaré le 22 juillet dernier, dans la forêt de pins située entre Saumos et Le Porge. À cet instant, je suis en vacances, loin des informations et à mille lieues de penser qu’un incendie pourrait un jour se présenter à nos portes…
Je vis au Taillan-Médoc, à moins de trente kilomètres du Porge et de Saumos, à une dizaine de Salaunes et à deux kilomètres de Saint-Médard en Jalles.
Nous revenons chez nous le 24 juillet, prêts à passer une soirée festive avec nos voisins sur notre petite place de quartier. À quelques kilomètres de Bordeaux, le ciel s'obscurcit, pourtant, il n'est même pas 19 heures. Dans l'habitacle de la voiture, une odeur de fumée envahit nos narines, et plus nous avançons, plus l'air est lourd et picote le nez et la gorge. Entre inquiétude et questionnement, mon fils de presque 14 ans parle « d'apocalypse » tant « la luminosité est étrange ». Devant le soleil qui devrait briller, un épais voile jaunâtre s'est formé, donnant à l'astre une couleur orange vif que je n'avais encore jamais vue. Nous ignorons encore où en est précisément l’incendie, déconnectés par notre retour de vacances. Mais à bien regarder le ciel, nous savons pertinemment qu'il n'est pas si loin.
En quelques minutes, un épais brouillard jaunâtre s'invite devant nous... © Alexandra Arquey, Futura
Nos affaires de juilletistes rangées, nous rejoignons nos voisins vers 21 heures. Les festivités sont de courte durée : l'odeur de la fumée est omniprésente, entêtante, et la faible pluie qui nous arrose un instant laisse place à des retombées de cendres. Impossible de rester dehors, face à ce ciel orange qui semble toujours se rapprocher.
Au loin, ce soleil orange vif, caractéristique des incendies, une impression difficilement descriptible, même en image... © Alexandra Arquey, Futura
Dans la maison, l'ambiance est pesante et nos regards lourds de sens, entre inquiétude, confusion, questionnements. Des villes voisines sont évacuées. Devons-nous refaire nos valises ? Que prendre ? Où aller si jamais... ? Nous remplissons à nouveau nos sacs, un peu aléatoirement, avec nos papiers, de quoi se vêtir, ce que nous jugeons « utile » ou « précieux ». Je traverse les pièces de la maison sans savoir vraiment pourquoi. Mon regard s'arrête sur chaque détail avec une question devenue soudain très concrète : « Et si c'était la dernière fois ? »
Jamais, depuis le début des mesures, les incendies n'avaient brûlé une telle superficie en France. Conditions météo, erreurs humaines, ou sous-estimation du danger ? Découvrez les vraies raisons qui ont mené à un niveau de catastrophe sans précédent dans notre pays.... Lire la suite