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Enfin une nouvelle piste : modifier le microbiote pourrait rendre certains traitements contre le cancer plus efficaces
Une molécule naturelle du microbiome a permis d’augmenter considérablement la réponse au traitement d’immunothérapie du cancer du poumon chez la souris, révèlent des chercheurs. Cette découverte prometteuse pourrait augmenter de 50 % la réponse des patients à ce type de traitement.... Lire la suite
En vingt-cinq ans, la science a découvert que nos intestins abritent un écosystème de milliards de microbes capable d’influencer la digestion, l’immunité, le métabolisme et peut-être même le cerveau. Grâce aux progrès du séquençage génétique, le microbiote est passé du statut de simple « flore intestinale » à celui d’acteur central de la santé humaine. Une révolution silencieuse qui pourrait transformer la médecine de demain.... Lire la suite
Et s’il était possible de rendre les chimiothérapies plus efficaces en agissant sur la flore intestinale ? C’est ce que suggèrent des chercheurs dont les travaux ont été publiés dans la revue Nature Materials.
Des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l'Université du Texas ont réussi à améliorer l'administration de certaines chimiothérapies aux tumeurs cancéreuses, en remodelant le microbiote. Cette découverte publiée dans Nature Materials pourrait ouvrir la voie à de nouveaux médicaments anticancéreux plus efficaces ciblant la flore intestinale au lieu du système immunitaire.
L'étude s'est intéressée aux chimiothérapies à base de nanoparticules. Ce type de traitement consiste à transporter des médicaments anticancéreux à l'intérieur de minuscules capsules pour cibler de façon précise les tumeurs. Cette précision permet de protéger les cellules saines et d'augmenter l'efficacité du traitement. Malheureusement, une grande partie du traitement n'atteint jamais la tumeur car des cellules immunitaires se trouvant dans le foie (les cellules de Kupffer) s'attaquent aux particules médicamenteuses et les éliminent de l'organisme.
Ce phénomène, qui réduit l'efficacité de la chimiothérapie à base de nanoparticules, est un mécanisme de défense déclenché par le système immunitaire qui considère les médicaments comme une menace extérieure. Selon les chercheurs, les bactéries intestinales seraient les instigatrices de la défense par le foie. Ils expliquent que les bactéries intestinales envoient des signaux chimiques aux cellules hépatiques par l'intermédiaire de molécules appelées acides biliaires, des substances chimiques naturelles produites lors de la digestion de la bile par les bactéries intestinales.
Une molécule naturelle du microbiome a permis d’augmenter considérablement la réponse au traitement d’immunothérapie du cancer du poumon chez la souris, révèlent des chercheurs. Cette découverte prometteuse pourrait augmenter de 50 % la réponse des patients à ce type de traitement.... Lire la suite
Pour contourner ce mécanisme de défense et augmenter l'efficacité de la chimiothérapie, les chercheurs ont modifié la composition du microbiote intestinal par un court traitement antibiotique par métronidazole. Leurs tests ont été menés sur des modèles précliniques (cellules in vitro et animaux).
La transplantation de microbiote fécal (TBF) a permis aux chercheurs de modifier le microbiote chez des modèles animaux, de façon à améliorer l'efficacité de la chimiothérapie. © Microgen, Adobe Stock
Le traitement antibiotique de courte durée a permis de quasiment doubler la durée de circulation de la chimiothérapie à base de nanoparticules, d'augmenter l'accumulation du médicament dans les tumeurs et d'améliorer la survie dans plusieurs types de cancers. Les scientifiques ont constaté que, quand un antibiotique est utilisé (le métronidazole dans cette étude) pour réduire sélectivement certaines bactéries intestinales, le taux d'acides biliaires diminue, provoquant un ralentissement de l'activité des cellules de Kupffer.