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REPORTAGE. "Comme ça, ils se tapent bien la honte" : des commerces de l'Ain affichent les photos des voleurs sur la porte d'entrée
Désarmés face aux vols incessants, plusieurs commerces du département de l'Ain ont décidé d'afficher, au sens propre, les voleurs pour prévenir la récidive. La démarche est illégale mais ces commerçants préfèrent prendre le risque d'un retour de bâton, si cela permet de stopper les vols.
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La technique de la honte pour empêcher la récidive : excédée par les vols à répétition dans son magasin, la gérante du Carrefour city de Bourg-en-Bresse n'hésite plus. Chaque personne prise en train de voler par les caméras de vidéo surveillance est littéralement affichée sur la porte vitrée de son magasin. Et dans une commune de 40 000 habitants, les délinquants se reconnaissent et sont aussi très vite reconnus. Même stratégie pour une pharmacie de Mâcon, membre d'une chaîne nationale.
La directrice de l'Intermarché de Vonnas, Delphine Roch, va même jusqu'à diffuser les extraits des vidéos de surveillance sur les réseaux sociaux de son magasin. Exemple, qu'elle montre sur son téléphone portable : un homme qui cache une bouteille dans son short. Elle a diffusé la vidéo "dimanche, quand il nous a volé". La scène est loin d'être inédite, elle se produit une fois par semaine en moyenne. "Ce n'est pas par nécessité en plus, s'indigne la responsable. Ce n'est pas de la nourriture, c'est de l'alcool, des choses chères". Dans une autre vidéo, deux femmes vident des étagères dans l'allée principale où il y a les chocolats de Pâques. Elles remplissent trois sacs et sortent par l'entrée. "C'est la caissière qui, en tournant la tête, les a vues passer avec trois sacs et leur a couru derrière, raconte Delphine Roch.. Elles ont lâché les trois sacs. Quelqu'un les attendait dans une voiture".
Démunie face à la récurrence des vols et l'organisation des voleurs, Delphine a décidé de poster ces vidéos. "Comme ça, ils se tape bien la honte", balaie la responsable. "Je veux qu'on comprenne que oui, à Vonnas, à la campagne, il y a des vols", résume la responsable excédée.
"La gendarmerie, ça prend du temps et ça n'aboutit jamais. Je veux que ça ait un impact."
Dans les rayons, les clients comprennent la démarche. "Je comprends que les magasins en aient un peu ras-le-bol, compatit cette femme. L'histoire du chocolat, je trouve ça tellement aberrant". "Les restaurateurs le font de plus en plus pour les gens qui partent sans payer, note une autre. Je trouve que c'est bien qu'on sache qui c'est, que les autres commerçants du coin soient au courant qu'il y a des voleurs". "Après, ça reste de la violation de vie privée, observe cet homme. Donc est-ce que moralement, c'est bon ou pas, là est toute la question".
Légalement, diffuser ces vidéos viole en effet le droit à l'image et donc la vie privée des personnes filmées. Mais Delphine Roch "prend le risque. Je paierai peut-être une amende un jour mais ce ne sera jamais à la hauteur de ce qu'ils me volent", entre 25 000 et 30 000 euros par an. Sans parler de la paranoïa des salariés. Justine a des soupçon à chaque passage en caisse : "Même les clients qu'on connaît, qu'on voit passer tous les jours, il n'y a plus de confiance. Le mieux serait peut-être qu'on ait plus de moyens pour mettre plus de choses en place et ne pas avoir à en arriver là". Mais pour l'heure, un vigile n'est pas envisageable pour cet Intermarché. La directrice assure supprimer chaque vidéo après deux semaines de diffusion
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