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Mis en cause par des syndicats, Gérald Darmanin publie le contenu de son courrier sur les défaillances des enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs
"On a l'impression que Gérald Darmanin" découvre "l'état des services de police et de gendarmerie", avait critiqué la secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, après la publication la veille par "Le Monde" d'un document revenant sur les défaillances dans le traitement des dossiers de violences sexuelles faites aux enfants.
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La polémique enfle et la Chancellerie tente de la désamorcer. Gérald Darmanin a répondu, dans un long message posté sur X dimanche 9 août, aux critiques acerbes du syndicat des commissaires de la Police nationale et du syndicat de la magistrature. Le ministre de la Justice a pris la parole au lendemain de la révélation par Le Monde du contenu d'un courrier adressé à son collègue de l'Intérieur, revenant sur les défaillances dans le traitement des dossiers de violences sexuelles faites aux enfants.
Ne pas vouloir améliorer le service public de la justice, et donc des services d’enquête, n’est pas à la hauteur de la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.Le monde dans lequel nous évoluons est celui où l’on commente un « courrier » qu’on n’a pas vu… Je le… pic.twitter.com/l5eDCsYKtI
Gérald Darmanin s'attelle, dans ce post sur les réseaux sociaux, à saluer l'investissement des différents corps de métiers dans ces dossiers sensibles. "Je sais le travail extrêmement difficile et courageux des enquêteurs et la crise de la filière investigation. Je sais aussi la difficulté des magistrats et des services d'enquête à travailler ensemble dans un contexte de grandes tensions où la numérisation de la justice est en retard", écrit-il.
"On a l'impression que Gérald Darmanin" découvre "l'état des services de police et de gendarmerie", avait critiqué la veille Justine Probst, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, après avoir pris connaissance des révélations du Monde. Frédéric Lauze, commissaire général de la Police nationale et secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police nationale (SCPN), a de son côté évoqué sur franceinfo son "un sentiment de trahison vis-à-vis de Gérald Darmanin".
Il a regretté l'existence de ce courrier, qui est selon lui "une note de synthèse où on a interrogé les procureurs généraux, un rapport qui a tendance à dédouaner la justice". Se disant "très méfiant" face à ces conclusions, Frédéric Lauze a ajouté qu'il aurait préféré à la place "un rapport de l'inspection des services judiciaires".
"[Gérald Darmanin] reproche son propre bilan sur douze pages au ministre de l'Intérieur actuel, en se dédouanant de toute responsabilité."
Samedi, Le Monde faisait en effet état d'un document de "douze pages", adressé le 29 juillet à Laurent Nuñez et que franceinfo n'a pu consulter. Il pointe du doigt les dysfonctionnements découverts par les procureurs qui se sont rendus dans les commissariats et gendarmeries, après la déflagration de l'affaire Lyhanna. Des dysfonctionnements "d'ordre structurel", qui tiennent aux moyens, à la formation, aux outils et au pilotage, mais pas "à la volonté des personnels de terrain".
Selon Le Monde, Gérald Darmanin évoque notamment un important "stock fantôme", des dossiers non répertoriés par la justice faute d'avoir été transmis par les forces de l'ordre. Cette expression ne figure toutefois pas dans le courrier de trois pages que le ministre de la Justice a publié sur X, dimanche.