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Elles semblent aller bien, mais s’épuisent en silence : pourquoi le TDAH passe inaperçu chez les femmes
Trouble du neuro-développement encore sous-diagnostiqué, le TDAH est généralement associé à des difficultés scolaires ou comportementales, mais ses conséquences dépassent largement ce cadre. Des recherches récentes de l’Inserm montrent qu’il est associé à une augmentation des comportements sexuels à risque chez les étudiants. L’étude met ainsi en lumière un angle mort de la prévention en milieu universitaire, où le repérage du TDAH et l’accompagnement ciblé des étudiants restent largement insuffisants.... Lire la suite
Le TDAH chez l’adulte, un trouble encore mystérieux, pourrait enfin trouver une explication biologique. Une étude internationale révèle que des ondes cérébrales lentes, typiques du sommeil, s’infiltrent anormalement pendant l’éveil, perturbant l’attention. Avec la découverte de ce biomarqueur potentiel, ces résultats pourraient révolutionner les approches thérapeutiques en ciblant la régulation de la vigilance.... Lire la suite
Longtemps considéré comme un trouble de « petits garçons turbulents », le TDAH reste largement sous-diagnostiqué chez les filles et les femmes. Symptômes plus discrets, stratégies de camouflage, poids des normes sociales et influence des hormones : découvrez pourquoi ce trouble passe si souvent inaperçu… et quelles en sont les conséquences.
Il y a autant de garçons que de filles touchées par le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Pourtant, quand on pense à ce trait neurodéveloppemental, la première image qui vient à l'esprit est celle d'un petit garçon agité qui parle beaucoup et peine à rester assis plus de quelques minutes. Et si on ne pense pas à une petite fille ou à une femme quand on parle TDAH, ce n'est pas un hasard !
« Si le TDAH chez les femmes est peu connu, explique Nader Perroud, psychiatre et professeur à l'université de Genève, spécialiste du TDAH chez l'adulte, c'est parce qu'on s'est beaucoup intéressé originellement dans la littérature scientifique aux petits garçons, notamment aux garçons qui bougent et parlent beaucoup.
Selon ce spécialiste, les femmes ont, par rapport aux hommes, une expression plus « intériorisée » du trouble, marquée davantage par des difficultés d'attention et une tendance à la rêverie que par l'hyperactivité et l'impulsivité.
Leurs symptômes (anxiété, agitation intérieure, fatigue, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire, difficultés émotionnelles...) auraient ainsi plus de chance d'être confondus avec d'autres troubles comme la dépression ou l'anxiété entraînant davantage d'errance médicale, d'erreur de traitement et de retards de diagnostic. Ainsi, de nombreuses femmes prennent des anxiolytiques et des antidépresseurs sans que jamais leurs difficultés d'attention, d'organisation et de régulation ne soient explorées.
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le TDAH n’est pas considéré comme une maladie, mais comme un trouble du neurodéveloppement ; il convient aujourd’hui de parler de « traits » plutôt que de « symptômes ». Il se caractérise par :
L’intensité de ces trois traits varie beaucoup d’une personne à l’autre.
D'autres études ont montré que les traits d'hyperactivité et d'impulsivité ne seraient pas absents, mais se traduiraient différemment chez les femmes, sous la forme de bavardage et d'agitation verbale plutôt que d'une hyperactivité physique plus spécifique des hommes.