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Colis, emballages : ce qui change vraiment depuis le 12 août… et ce qui attendra 2030
Depuis le 12 août 2026, le nouveau règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages, ou PPWR, est devenu applicable dans l’Union européenne. Certaines obligations s'appliquent dès maintenant (PFAS, déclaration de conformité) mais les changements que verront vraiment les consommateurs arriveront en 2028 pour les logos de tri, et en 2030 pour les cartons surdimensionnés et les premières interdictions.
Le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation, est entré en vigueur le 11 février 2025. Il couvre pratiquement tous les emballages mis sur le marché européen, qu’ils soient destinés aux particuliers, aux professionnels, au transport ou au commerce en ligne. Son objectif est clair : réduire la quantité d’emballages produits, améliorer leur recyclabilité et développer leur réemploi. Mais toutes les mesures ne suivent pas le même calendrier.
Le changement le plus net concerne les PFAS. Les emballages destinés au contact alimentaire ne peuvent plus être mis sur le marché s'ils dépassent les seuils européens fixés pour ces substances chimiques persistantes, utilisées notamment pour leurs propriétés antiadhésives ou imperméabilisantes.Tout se joue ici sur la notion de mise sur le marché, c'est-à-dire la première mise à disposition d'un emballage dans l'Union, et non sa date de fabrication. Les produits déjà livrés aux distributeurs ou déjà présents en rayon avant le 12 août ont franchi cette étape : ils peuvent continuer à circuler et n'ont pas à être retirés. À l'inverse, un lot encore détenu par son fabricant, ou une importation qui n'est pas encore entrée sur le marché européen, devra respecter les nouvelles exigences, même s'il a été produit en juillet. Sur les PFAS, il n'y a pas de période transitoire permettant d'écouler ces stocks-là.
Le PPWR renforce également la traçabilité. Les fabricants doivent établir une documentation technique et une déclaration UE de conformité, tandis que les importateurs et distributeurs ont des obligations de vérification. Le terme « fabricant » ne désigne d'ailleurs pas nécessairement celui qui produit physiquement le carton ou le flacon : une entreprise mettant un emballage sur le marché sous son propre nom peut elle aussi endosser cette responsabilité. Cela ne signifie donc pas qu'un petit commerçant doit faire analyser lui-même ses emballages, mais il devra davantage s'assurer que ses fournisseurs respectent les règles applicables.
La recyclabilité devient une exigence de principe dès aujourd’hui. En pratique, toutefois, le système européen harmonisé qui permettra de classer les emballages selon leurs performances et d’exclure les moins recyclables ne deviendra pleinement contraignant qu’à partir de 2030.
Soyons clairs, le règlement ne crée aucune taxe européenne directement facturée aux consommateurs. En revanche, la transition pourra générer des coûts pour les entreprises : nouveaux emballages, changement de fournisseurs, adaptation de la logistique, documentation ou dispositifs de réemploi. Ces dépenses pourront être absorbées ou, éventuellement, répercutées dans les prix.
En France, un autre chantier se superpose au PPWR : la nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur consacrée aux emballages professionnels. Cette REP n’a pas été créée par le PPWR : son principe avait déjà été posé par la loi AGEC de 2020. Son cadre actuel est toutefois articulé avec les nouvelles obligations européennes.
Son déploiement opérationnel, initialement prévu au 1ᵉʳ juillet 2026, a été repoussé au 1ᵉʳ janvier 2027. Les entreprises concernées devront adhérer à un éco-organisme d’ici la fin de l’année, tandis que les barèmes financiers pour 2027 doivent être publiés à partir de septembre. Pour les professionnels français, l’enjeu vient donc autant du PPWR lui-même que de l’empilement de plusieurs calendriers réglementaires.
La première échéance tombe le 12 février 2027 : les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie concernés qui vendent des boissons ou des ali