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Actualité : Pixel 11 : pourquoi Google me donne presque envie de garder mon ancien Pixel
La conférence Made by Google 2026 s'achève sur un léger parfum de réchauffé. Entre hausses des prix, fonctions gadgets et incohérences de gamme, ce nouveau lancement de smartphones m'a un peu laissé de marbre.
© Les Numériques - Des smartphones qu'il nous tarde de tester dans nos labos.
Pour la révolution technologique, on repassera. La conférence de lancement des Pixel 11 a été un show d'une heure vingt, animé par l’humoriste Trevor Noah au milieu de la nuit française, pour des produits déjà dévoilés en journée. Un événement qui s'inscrit par ailleurs dans la lignée de certains lancements concurrents : des évolutions homéopathiques, mais aucune rupture majeure à mes yeux pour légitimer un achat.
Soyons quand même bons joueurs : Google est loin d’être l'unique coupable de cette panne d'inspiration collective. Apple s'est fait depuis longtemps une spécialité des améliorations au compte-gouttes, tandis que Samsung m'a également déçu ces derniers temps avec ses Galaxy S et Galaxy A, qui manquaient cruellement de piquant.
Le géant sud-coréen a pourtant réussi à raviver l'intérêt des technophiles avec le Galaxy Z Fold 8, son nouveau pliant au format passeport que je trouve particulièrement séduisant. C'est précisément ce form factor que la marque à la pomme adopterait pour son premier pliant, mais sur lequel Google a malheureusement choisi de faire l'impasse, se privant d'une occasion en or de se démarquer dans un marché un peu ronronnant.
L’une des grandes innovations sur les modèles Pro, c'est la fonction HiLight. Google ressuscite le témoin lumineux déjà vu sur d’anciens terminaux Android avec un réseau de leds colorées autour du flash, au dos de l'appareil. Cette nouveauté permet de signaler un appel, attribuer une couleur à certains contacts ou indiquer une interaction avec l’IA Gemini. Amusant, certes, mais limité et un chouïa inutile.
Outre le fait que cette fonctionnalité n’est pour le moment pas ouverte à tous les développeurs, la majorité des usagers — moi le premier — posent leur smartphone écran vers le haut ou sur une station de charge Pixelsnap qui le maintient incliné. Placer ce gadget à l'arrière me semble donc difficilement défendable sur le plan ergonomique. D’autant qu’il s’agit de l’une des rares différences entre le Pixel 11 Pro et le modèle standard, ce qui me laisse perplexe.
En creusant la gamme, je constate en effet une absurdité : le Pixel 11 de base, vendu 999 €, parait bien plus intéressant que le Pro lancé à partir de 1199 €. Google a comblé l'écart : les deux partagent la même puce Tensor G6, 256 Go de stockage de départ et surtout... 12 Go de RAM. Oui, le Pro a perdu de la mémoire vive par rapport à la génération précédente dans sa version 256 Go pour s'aligner sur le modèle standard !
Ils profitent tous deux d’une charge filaire 30 W — et 25 W sans-fil en Qi2.2 — ainsi que d’un trio photo polyvalent réunissant un capteur principal, un ultra grand-angle et un téléobjectif x5. Les différences sont donc minces, le Pixel 11 Pro se contentant essentiellement de capteurs mieux définis. Difficile alors de justifier les 200 € supplémentaires réclamés, ce qui me laisse penser que Google a un peu sacrifié la cohérence de sa gamme.
Cette cuvée 2026 n’offre aucune véritable rupture sur le plan matériel, hormis une petite cure d’amaigrissement. Alors que Samsung vient enfin, timidement, d’adopter la technologie silicium-carbone, la firme californienne continue de la bouder pour ses batteries, quand bien même l’autonomie n’a jamais été l’un de ses points forts. Malgré tout, les tarifs s’envolent sous l’effet d’une pénurie mondiale de RAM provoquée par la montée en puissance de l’IA, dont Google est l’un des principaux artisans. Quelle ironie.