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Actualité : “Je vais enfin remarcher” : atteint d'un cancer, un Français a évité l'amputation grâce à un implant imprimé en 3D
Une technologie inspirée de l’aérospatial vient de sauver la jambe d’un Français atteint d’un cancer et promise à l’amputation. À Madrid, une équipe médicale et scientifique a implanté le premier métamatériau osseux personnalisé : une structure en titane de 300 grammes, capable de supporter plus de 500 kilos et de permettre au patient de remarcher sans béquilles.
© Andrea Comas - Le chirurgien Rubén Pérez-Mañanes (à gauche) et l’ingénieur Luis Saucedo-Mora présentent les implants osseux personnalisés conçus pour la reconstruction de la jambe de Pierre.
Lorsqu’un sarcome osseux agressif a atteint la tibia de Pierre, un Français de 38 ans, les chirurgiens du centre hospitalier Gregorio Marañón de Madrid ont réussi à retirer la tumeur tout en conservant sa jambe et son articulation du genou. Restait un défi immense : remplacer la portion d’os détruite par le cancer avec une pièce capable de supporter les contraintes de la vie quotidienne.
La solution a été développée avec l'Université polytechnique de Madrid, à la croisée de la chirurgie, de la mécanique des structures et de l'ingénierie aérospatiale. Les deux établissements collaborent depuis plus d'une décennie sur la fabrication 3D appliquée à la médecine. Cette réalisation, révélée par El País, constitue selon les équipes impliquées la première implantation humaine réussie d'un métamatériau osseux de ce type.
Les ingénieurs ont construit un modèle numérique de la jambe de Pierre à partir d’images médicales. Ils ont ensuite simulé les forces exercées sur la tibia pendant la marche, la montée d’escaliers ou un déséquilibre. Ces calculs ont déterminé la forme de l’implant, sa structure interne et l’orientation des vis, dirigées vers les zones de l’os encore solides.
Le titane, naturellement beaucoup plus dense que l’os, a été allégé grâce à un réseau de petites barres métalliques disposées à l’échelle millimétrique. Cette architecture transforme le matériau en métamatériau : ses propriétés mécaniques proviennent autant de sa géométrie que de sa composition.
Pierre réapprend à marcher après l’intervention, accompagné par une soignante lors d’une séance de rééducation.
Le résultat atteint environ 300 grammes, contre près d’un kilogramme pour une prothèse conventionnelle, tout en supportant une charge annoncée supérieure à 500 kilos. La fabrication a été réalisée par impression 3D au sein du Gregorio Marañón.
J'ai repris ma jambe après deux ans et je vais enfin pouvoir marcher à nouveau sans béquilles. La prothèse, je ne la vois pas et je ne la sens pas : c'est ce que j'ai et ça s'est bien passé.
Près d’un an après l’intervention, Pierre a conservé sa jambe et la mobilité de son genou. Une chute a même provoqué la fracture de sa jambe opposée, tandis que l’implant tibial est resté intact. Sa rééducation se poursuit parallèlement à son suivi oncologique.