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Actualité : “Dès le lendemain, je n'avais plus mal" : sa tumeur a cédé à -140 °C grâce à une cryosonde guidée par IRM
À Liverpool Hospital, dans la banlieue de Sydney, une cryosonde pilotée par IRM anéantit des tumeurs par le froid extrême. Grâce à cette première australienne, une patiente de 64 ans que la douleur vertébrale tenaillait depuis des mois a retrouvé son quotidien en vingt-quatre heures.
© Image d’illustration SVStocker - Grâce à l’imagerie en temps réel, la cryoablation peut cibler certaines tumeurs avec une précision millimétrique.
Le 22 septembre 2025, un reportage de 9News Australia dévoilait le cas de Josephine Cordina, dont la tumeur de neuf millimètres logeait sur la colonne vertébrale. Son histoire ressurgit en 2026, reprise par de nombreux médias. La cryoablation, elle, existe depuis plusieurs décennies. La nouveauté tient à son exécution à l'intérieur même d'une IRM interventionnelle, une combinaison que seul ce service propose aujourd'hui en Australie.
Le radiologue introduit une fine cryosonde dans la tumeur par une simple ponction cutanée, comparable à celle d'une biopsie. L'argon comprimé qui y circule se détend à proximité de l'extrémité et déclenche une chute brutale de température, un phénomène physique connu sous le nom d'effet Joule-Thomson, celui-là même qui refroidit une bombe de déodorant qu'on vide d'un trait. La boule de glace qui se forme alors endommage les membranes cellulaires et interrompt la microcirculation du tissu traité.
La pointe de la sonde atteint environ -140 °C, une température suffisante pour geler les tissus bien au-delà du seuil de -40 °C généralement recherché pour garantir la destruction des cellules cancéreuses. L'équipe de radiologie interventionnelle qui pratique cette technique à Liverpool Hospital enchaîne habituellement deux cycles complets de congélation et de décongélation, chacun d'une durée approximative de trente minutes : c'est au dégel, quand l'eau se précipite à nouveau dans les cellules lésées, qu'elles gonflent et éclatent.
Les radiologues interventionnels Glen Schlaphoff et Hannah Ireland réalisent une cryoablation sous guidage scanner pour traiter un névrome de Morton au Sydney Southwest Private Hospital.
L'IRM donne à voir simultanément la tumeur, la cryosonde, la glace et les structures avoisinantes, avec un contraste des tissus mous qu'aucune autre technique d'imagerie n'égale. Certaines lésions rénales ou hépatiques, invisibles au scanner comme à l'échographie, n'apparaissent que sur ces images-là. L'intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie locale et sédation consciente, une anesthésie générale demeurant possible selon le dossier médical. La sortie intervient généralement le jour même ou après une nuit d'observation.
Josephine Cordina avait d'abord envisagé une opération ouverte, vis à l'appui pour stabiliser sa colonne vertébrale. Elle a fini par choisir la procédure mini-invasive.
Dès le lendemain, je n'avais plus mal. Tout avait disparu et j'avais retrouvé une vie normale. Ce fut un grand soulagement.
Le soulagement rapporté par la patiente précède la preuve, à l'imagerie, que la tumeur a cessé d'être vivante. Les radiologues attendent les contrôles à trois, six et douze mois avant de valider le succès du traitement. La technique reste réservée aux lésions bien circonscrites, dans l'os, le rein, le foie ou certains tissus mous, chez des patients dont le dossier a été passé au crible.