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"Un détour entre 30 et 45 minutes" : les secours strasbourgeois perturbés par le vol nocturne de drones clandestins qui livrent des prisonniers
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C'est une histoire à peine croyable : près de Strasbourg, les hélicoptères de secours ne peuvent plus emmener directement les patients à l'hôpital de nuit. En cause, un risque de collision avec des drones clandestins qui livrent des colis dans une prison. Les soignants dénoncent la mise en danger des patients.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au centre hospitalier de Strasbourg (Bas-Rhin), un hélicoptère vient de déposer un patient dont l'état est critique. Une situation quotidienne pour l'hôpital. Mais depuis trois semaines, ces rotations d'urgence sont devenues impossibles après la tombée du jour. Les secours risqueraient de percuter des drones qui livrent clandestinement les détenus de la prison voisine. Ils doivent donc dérouter les hélicoptères.
"Ça nous fait un détour entre 30 et 45 minutes, tout dépend les pathologies, tout dépend l'intervention qu'il va y avoir et tout dépend le moyen de transport qu'on va réussir à trouver derrière", indique Jérôme Coulon, responsable de la sécurité au Samu. Pour éviter tout risque de collision, les patients dans un état grave atterrissent dans un autre hôpital, puis sont acheminés par ambulance jusqu'au CHU.
Un délai supplémentaire qui peut s'avérer fatal. Inacceptable pour les soignants : "Trente minutes peuvent changer les choses. Les conséquences, ça peut être une augmentation de la mortalité, une augmentation de la morbidité, un allongement de la durée d'hospitalisation, une augmentation des complications", souligne le Dr. Julien Pottecher, chef du service polytraumatisés.
Les secours réclament une solution pour atterrir plus proche de l'hôpital, à défaut de pouvoir stopper les survols de drones. Seuls 70 prisons sur 186 sont aujourd'hui équipées de dispositifs électroniques anti-drone. L'an dernier, l'administration pénitentiaire a recensé plus de 5 000 tentatives de survols.
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