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Actualité : Camping-car et Google Maps : l’erreur classique qui se termine presque toujours en piège
Google Maps excelle à préparer un voyage, lire le trafic et repérer une destination. Il n’offre en revanche aucun profil camping-car : ni hauteur, ni largeur, ni longueur, ni poids. Pour éviter les routes inadaptées, il lui faut un binôme, un GPS qui tient vraiment compte du gabarit.
© Shutterstock / alexgo.photography - Camping-car et Google Maps : l’erreur classique qui se termine presque toujours en piège
La route se rétrécit, les rétroviseurs frôlent les murs de pierre et une file de voitures commence à s’impatienter derrière le camping-car. Impossible d’avancer sereinement, encore moins de faire demi-tour avec sept mètres de cellule. Le GPS affiche pourtant tranquillement : "Continuez tout droit". La scène se répète chaque été, sur les mêmes routes. Elle vient toujours du même geste : confier à une application généraliste une décision qu’elle ne sait pas prendre, celle de choisir un itinéraire adapté aux dimensions et au poids d’un gros véhicule.
Disons-le clairement. Google Maps ne propose aucun profil camping-car, caravane ou poids lourd, donc aucun champ pour saisir la hauteur, la largeur, la longueur, le poids total ou la charge à l’essieu. Voiture, deux-roues, transports en commun, vélo, marche : voilà ses modes d’itinéraire. Un camping-car de 3,5 tonnes y est traité exactement comme une berline, ce qui suffit à expliquer pourquoi l’application vous envoie parfois dans une rue de village où aucun véhicule de plus de deux mètres cinquante n’a rien à faire.
Conséquence directe : aucune garantie d’éviter les ponts bas, les tunnels limités, les routes étroites, les restrictions de tonnage ou les interdictions locales. L’application affiche bien certaines restrictions présentes dans ses données. Elle ne les croise pas avec vos mesures.
Deuxième confusion, très répandue : renseigner un moteur diesel n’active pas un mode camping-car. Ce paramètre alimente le calcul des itinéraires économes en carburant, là où la fonction existe, et oriente le choix d’un trajet selon son efficacité énergétique. Il ne dit rien de votre hauteur sous barre, et le mot "camping-car" n’apparaît nulle part dans ce réglage, ce qui devrait suffire à lever le doute.
Troisième idée à écarter : le mode hors connexion. Télécharger une zone permet de consulter la carte et de se faire guider sans données mobiles. Rien de plus. Aucune gestion du gabarit à l’horizon.
Faut-il le désinstaller ? Surtout pas. Google Maps reste un excellent outil de préparation et de contrôle, à une condition : ne rien lui demander qui ressemble à du routage spécialisé. Tracer les grandes étapes, comparer des axes, estimer les durées, localiser commerces, stations-service, parkings et points d’intérêt, retrouver tout ça sur smartphone pendant le voyage. Voilà son terrain.
Son trafic en temps réel vaut de l’or pour anticiper ralentissements, accidents et fermetures sur les grands axes. Il fait aussi un excellent second avis face à un GPS spécialisé : quand un bouchon se forme sur l’itinéraire prévu, il montre l’ampleur du problème et les contournements possibles. Attention quand même. Une déviation proposée par Google Maps se vérifie avant d’être suivie : rien ne garantit qu’elle passe avec sept mètres de cellule.
Street View est l’autre atout, quand les images existent et qu’elles sont assez récentes. Avant de viser une aire, un village ou une route secondaire, on y observe l’entrée d’un parking, un porche, la largeur apparente d’une rue, un virage serré, une barrière de hauteur. Ce repérage visuel ne remplace évidemment ni la signalisation ni un GPS à gabarit. En revanche, dix minutes passées à remonter virtuellement la rue d’accès d’une aire avant de s’y engager font gagner des demi-tours, et parfois davantage.