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RECIT. Températures records, feux "hors norme", sécheresse "inédite"... Comment l'été 2026 a mis les Français à l'épreuve du changement climatique
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Alors que l'été 2026 entre dans sa dernière phase, franceinfo remonte le fil de deux mois où la France a été confrontée à des événements climatiques sans précédent.
Difficile d'imaginer, dimanche 21 juin, que l'été ne fait que commencer. Depuis plusieurs jours déjà, les Français suffoquent. En cette fête de la musique, Météo-France a placé 35 départements en vigilance rouge "canicule", et 45 autres en vigilance orange. Il ne s'agit plus d'un "pic de températures", prévient-elle, mais d'une situation durable. Une vague de chaleur qui s'étend dans le temps, et sur le territoire. Trois jours plus tard, la France connaît sa journée la plus chaude jamais enregistrée. Il fait jusqu'à 43,8°C à Palluau (Vendée), à Saintes (Charente-Maritimes) et à Pissos (Landes), 42,2°C à Nantes (Loire-Atlantique) et 40,3°C à Paris.
A Lyon, Nicole Blaise, 90 ans, part chercher la fraîcheur dans l'hôtel voisin de son immeuble. "En me levant, j’ai mis les pieds par terre et j’ai cru faire un malaise. Je ne pouvais plus rester là", explique la retraitée. A Orléans (Loiret), Monique et Pierre Milone déboursent 900 euros pour passer six nuits au frais, rideaux fermés et clim allumée. A 300 mètres de chez eux.
"C’est une semaine qui nous revient cher (...), mais on préfère ça que faire un malaise dans notre appartement. (...) Même avec un ventilateur, c’était pas vivable".
Le 25 juin, ce sont 72 départements et 44 millions de personnes qui sont concernés par une vigilance rouge à la canicule, alors que plus de 90% de la population française est exposée à des températures extrêmes. Sous l'effet de la chaleur, les inégalités explosent, entre ceux qui peuvent se mettre à l'abri et ceux qui ne le peuvent pas. Ceux dont les fenêtres sont équipées de volets et ceux qui y accrochent des couvertures de survie, ou installent un matelas au sol, dans la cave ou dans la cuisine. Dans un quartier populaire de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), la police intervient pour retirer une piscine portable installée par les jeunes du coin. Il a fait jusqu'à 41°C dans la commune. La vidéo de l'intervention scandalise sur les réseaux sociaux.
Le nord-est de Paris prend, lui, des airs de station balnéaire. Des centaines d'adolescents et de jeunes adultes convergent vers le Canal Saint-Martin. Le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, a autorisé la baignade sur une portion du plan d'eau, "le temps que durera le pic caniculaire".
L'atmosphère festive des berges de la Seine contraste avec les informations relayées par les hôpitaux et les autorités. Partout, des noyades sont recensées, malgré les appels à la prudence et les interdictions de baignade. Des personnes, parfois jeunes, succombent à des coups de chaud sur leur lieu de travail, alors que d'autres sont retrouvées mortes à leur domicile. "Si vous êtes isolé, vous pouvez appeler votre mairie (...), qui prendra des nouvelles de vous", rappelle la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, au "20 heures" de France 2. Le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, vient d'activer le niveau 3 (sur 4) du plan Orsan, visant notamment à "renforcer les effectifs hospitaliers".
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En Ile-de-France, les établissements de santé sont "saturés", déclare le préfet. Les soignants gèrent un premier afflux de patients, mais la chaleur qui règne dans les hôpitaux provoque une crise dans la crise. Dans la chambre de la maternité de Bordeaux (Gironde) où la fille de Matthieu Barrère vient de naître, le thermomètre affiche 33°C la nuit. Un ami lui prête une climatisation portable. "Quand ils ont vu que j'avais ramené une clim, deux papas sont partis en louer une aussi", raconte-t-il. Le système D s'impose, tandis que le gouvernement promet de livrer 30 000 équipements mobiles dans les établissements de santé.