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Le bilan provisoire des canicules vient bousculer ce que l’on croyait savoir sur leurs victimes
Doit-on s’attendre à une nouvelle canicule en septembre ? Au vu du contexte actuel, cette possibilité n’est pas à écarter.... Lire la suite
Depuis le 1er mai, 925 noyades ont été recensées en France, dont 274 mortelles. Derrière cette hausse se dessine un phénomène inquiétant : pendant les canicules, la recherche de fraîcheur conduit davantage de personnes vers les piscines, les cours d’eau et les plans d’eau, parfois non surveillés ou interdits à la baignade.... Lire la suite
On imagine spontanément les personnes âgées comme les premières victimes des canicules. Pourtant, les chiffres racontent une histoire bien plus inquiétante : dès 45 ans, la surmortalité s’envole, et les 15-64 ans ne sont pas épargnés. Accidents, noyades, violences, alcool, suicides… Quand le thermomètre s’affole, la chaleur ne tue pas seulement directement : elle fait aussi basculer des situations que l’on croyait sans rapport avec la canicule.
32 000 décès excédentaires en deux mois. C'est le funeste bilan - provisoire à ce stade - des vagues de chaleur exceptionnelles qui ont eu lieu cet été en Europe dans 23 pays, selon la plateforme européenne de surveillance de la surmortalité (EuroMomo)... alors que l'été n'est pas encore fini ! Mais l'analyse précise des sources suggère que l'hécatombe pourrait être bien plus vaste.
Selon un décompte de l'AFP, réalisé à partir de certains bilans nationaux partiels concernant seulement huit pays (Allemagne, France, Belgique, Espagne, Angleterre, Pays-Bas, Autriche et Portugal), il y aurait déjà plus 33 000 décès en excès.
En France, pour la période du 17 juin au 2 juillet, Santé publique France (SPF) notait que l'excès de mortalité équivalant à 5 764 décès touchait toutes les classes d'âge à l'exception des moins de 15 ans. Si les 75 ans et plus constituaient les deux tiers des personnes décédées, il apparaissait que l'augmentation était marquée dès 45 ans. Toujours selon SPF, le même schéma de classes d'âge était présent sur la période allant du 3 au 22 juillet.
Doit-on s’attendre à une nouvelle canicule en septembre ? Au vu du contexte actuel, cette possibilité n’est pas à écarter.... Lire la suite
Pour Basile Chaix, chercheur à l'Inserm, l'excès de mortalité liée à la canicule de fin juin était par exemple de 35 % dans toutes les catégories d'âge, y compris chez les 15-64 ans, habituellement moins vulnérables aux épisodes de chaleur. La chaleur aurait ainsi entraîné dans cette dernière catégorie une mortalité comparable à celle observée chez les 65-84 ans. Comment l'expliquer ?
En fait, la chaleur, en mettant l'organisme à rude épreuve pour qu'il maintienne sa température, peut provoquer une déshydratation, une hyperthermie, des défaillances cardiovasculaires, une aggravation des maladies chroniques... qui touchent davantage les personnes âgées physiquement plus fragiles. Mais les canicules ont d'autres conséquences plus indirectes auxquelles on ne pense pas toujours.
Noyades, suicide, violences… La chaleur tue aussi indirectement. © Unclesam, Adobe Stock