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Actualité : Nvidia promet des "usines à IA" sans eau, mais le désastre hydrique est loin d'être réglé
Nvidia a dévoilé lors de la London Climate Week un système de refroidissement liquide en boucle fermée qui promet d'éliminer toute consommation d'eau dans ses futurs data centers. Une avancée technique réelle, mais qui ne couvre qu'une fraction de l'empreinte hydrique totale de l'infrastructure IA.
© Image d'illustration Shuttershock - L’IA face au mur de l’aridité. Alors que Nvidia mise sur le refroidissement en circuit fermé, l’empreinte hydrique indirecte des data centers menace d’accentuer la pression sur les ressources en eau dans les régions les plus chaudes de la planète.
"Le problème de la consommation d'eau des data centers est en grande partie résolu." C'est Josh Parker, directeur du développement durable chez Nvidia, qui l'affirme dans une interview accordée à Axios le 22 juin.
L'annonce repose sur le Vera Rubin DSX, le nouveau design de référence pour les "usines à IA" de Nvidia, présenté le 21 juin. Son principe : un refroidissement intégralement liquide, en circuit fermé, sans aucun ventilateur.
Le design de référence Vera Rubin DSX de Nvidia : un circuit fermé où le liquide caloporteur entre à 45°C et ressort à 55°C, éliminant le besoin de tours de refroidissement évaporatives sur site.
Le liquide caloporteur, un mélange de 75% d'eau et 25% de propylène glycol (proche de l'antigel automobile), circule à 45°C au contact direct des puces, ressort à 55°C, puis dissipe sa chaleur via des radiateurs secs extérieurs. La boucle est remplie une seule fois et recirculée pour toute la durée de vie de l'installation. Les tours de refroidissement évaporatives, celles qui engloutissent des millions de litres d'eau chaque année, disparaissent du schéma.
L'ingénierie est solide. Steve Solomon, vice-président de l'ingénierie data centers chez Microsoft, confirme que cette architecture élimine les refroidisseurs mécaniques dans la plupart des climats, y compris en Arizona. Nvidia chiffre l'économie potentielle à 2,6 millions de gallons par mégawatt et par an sur site.
Le hic, c'est le périmètre de la promesse. Car le refroidissement direct ne représente qu'un quart à un tiers de l'empreinte eau totale d'un data center. Le reste provient de la production d'électricité. Les centrales à gaz naturel consomment environ 1,2 litre d'eau par kilowattheure produit, les centrales à charbon autour de 2 litres. Or les centrales fossiles fournissent encore près de 60 % de l'énergie des data centers mondiaux, selon l'AIE.
La répartition de la consommation électrique d'un data center selon l'AIE (2024). Si le refroidissement direct (Cooling, en vert foncé) représente une part significative, la grande majorité de l'électricité reste absorbée par les serveurs eux-mêmes (Servers, en bleu clair), notamment dans les infrastructures géantes (Hyperscale) où s'exécute l'IA.
Les chiffres du Lawrence Berkeley National Laboratory confirment le déséquilibre : en 2023, les data centers américains ont consommé environ 17 milliards de gallons d'eau en usage direct, contre 211 milliards en eau indirecte liée à leur alimentation électrique. Nvidia résout la petite part de l'équation.