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Actualité : Climatisation la nuit : éteindre l'appareil est-il vraiment plus économique ?
Pendant les canicules, dormir au frais vire souvent à l'angoisse du compteur qui tourne. Une nuit de climatisation bien réglée coûte pourtant moins cher qu'on ne le croit. Encore faut-il savoir où placer la consigne, quand laisser tourner l'appareil, et à quand remonte le dernier nettoyage des filtres.
© Shutterstock/ winnond - Climatisation la nuit : les réglages qui font dormir sans plomber la facture
Il est deux heures du matin, la chambre est une fournaise, et vous fixez la télécommande de la climatisation comme on regarde une tentation. L'allumer, c'est dormir. Mais une petite voix, dans un coin de votre tête, chiffre déjà la facture du mois. L'hésitation est banale. Ce qui l'est moins, c'est que plusieurs réflexes censés faire baisser la note la font monter.
Le premier réflexe qui coûte cher, c'est de pousser le thermostat à fond en rentrant. Régler 18 °C ne refroidit généralement pas la pièce plus vite : l'appareil produit d'abord autant de froid que ses capacités et sa régulation le permettent. Une consigne aussi basse le fera simplement fonctionner plus longtemps, parfois beaucoup plus longtemps, pour atteindre une température inutilement froide, sachant que chaque degré de moins peut alourdir la consommation, souvent de l'ordre de 5 à 10 % selon l'appareil et les conditions.
Le bon réglage dépend ensuite de ce que vous cherchez. Pour dormir, une chambre modérément fraîche suffit : une consigne entre 24 et 26 °C évite de la transformer en réfrigérateur. L'ADEME, qui vise la sobriété maximale, recommande couramment 26 °C. Les deux approches respectent la même limite : ne pas creuser plus de 5 à 7 °C d'écart avec l'extérieur. S'il fait 30 °C dehors, 25 ou 26 °C suffisent. Votre budget y gagne. Votre corps aussi : pas de choc thermique au réveil.
Couper la climatisation dès que la chambre est fraîche, puis la rallumer en sueur deux heures plus tard, n'est pas toujours la meilleure stratégie. Sur un appareil Inverter, ces arrêts et redémarrages répétés peuvent obliger le compresseur à rattraper chaque fois la chaleur revenue dans la pièce. La facture n'explose pas forcément. Mais le confort devient instable, et l'appareil travaille plus brutalement au moment de reprendre la main.
L'image de la voiture fonctionne bien. Maintenir une température stable avec une consigne raisonnable, c'est rouler sur autoroute à vitesse constante : l'effort est lissé. Éteindre et rallumer sans arrêt, c'est conduire en ville, à accélérer et freiner à chaque feu.
La technologie Inverter renforce l'intérêt de cette stabilité. Le compresseur ne fonctionne plus en tout ou rien : une fois la bonne température atteinte, il réduit progressivement sa puissance, juste de quoi maintenir la fraîcheur. Rien n'oblige pour autant à le laisser tourner à tout prix. Si la chambre reste fraîche, ou si elle peut être ventilée, une programmation ou un arrêt restent parfaitement pertinents.
Le mode Nuit, ou Sleep, dort sur la plupart des télécommandes sans jamais servir. Selon les modèles, il remonte progressivement la consigne de 1 à 2 °C au fil des heures et abaisse la vitesse du ventilateur pour limiter le bruit. Moins de coup de froid à l'aube. Meilleur confort. La consommation peut baisser aussi, surtout si la température demandée augmente réellement pendant la nuit.
Le ventilateur, ensuite. Couplé à une climatisation réglée un ou deux degrés plus haut, il brasse l'air et améliore la sensation de fraîcheur, pour une consommation très inférieure à celle du compresseur.