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Robots aspirateurs et escaliers : Roborock et Dreame se battent pour un produit qui n’existe pas encore
L’escalier est le dernier endroit de la maison où un robot aspirateur ne va pas. Ceux qui vivent sur deux niveaux le savent : on achète un robot par étage, ou on le porte, ou on garde un balai pour les marches. Le marché des robots aspirateurs sature, Roborock est numéro un mondial selon IDC avec une croissance qui ralentit, et chaque marque cherche la fonction qui justifiera un nouveau prix. Le bras du Saros Z70 était la tentative de 2025. L’escalier est celle de 2026, et deux constructeurs chinois y sont arrivés en même temps, par des chemins mécaniques opposés.
Le Saros Rover de Roborock repose sur deux modules « jambe-roue », chacun capable de se lever, de s’abaisser et de s’étendre indépendamment. Le robot tient en équilibre sur ses deux roues comme un gyropode, franchit un obstacle de 10 cm d’un pas, monte un escalier droit ou courbe marche par marche, et aspire pendant qu’il grimpe.
Il n’aspire d’ailleurs que ça : 19 000 Pa, pas de serpillière, quand le Saros 20 Flow présenté sur le même stand affiche 36 000 Pa et un rouleau lavant. Roborock n’a pas donné une seule information de plus qu’au CES en janvier. Outre-Atlantique, on parle d’un prix autour de 3 000 dollars (environ 2 750 €, hors taxes), sans confirmation.
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Dreame a choisi une autre voie avec le Cyber X. Le robot avance sur deux paires de chenilles articulées, que la marque appelle Bionic QuadTrack, qui se déploient pour attaquer une marche et grimpent des escaliers jusqu’à 25 cm de hauteur, droits ou tournants.
Le Cyber X, lui, n’est plus tout à fait un prototype sans étiquette. À un événement organisé en France au printemps 2026, Dreame a annoncé un prix de 1 199 € et une commercialisation visée pour septembre 2026. Ce tarif ne couvre toutefois que le module grimpeur, qui a besoin d’un aspirateur compatible de la gamme X60 Pro pour fonctionner, à acheter en plus. Dans sa version aboutie, deux petits bras à brosses sortent de l’arrière pour nettoyer les marches à la descente : de l’aveu même de Dreame, l’addition ne se justifie vraiment qu’à partir de trois étages.
C’est la mécanique du char plutôt que celle de l’échassier, plus lourde, plus lente à l’œil, mais qui ne demande pas d’équilibre dynamique. Dans les deux cas, on a affaire à un prototype montré sur un escalier de démonstration, pas à un produit qui a affronté une moquette de palier avec un chat dessus.
Eufy avait proposé une troisième réponse à l’IFA 2025 avec le MarsWalker, une plateforme à chenilles qui transporte un robot classique d’un étage à l’autre sans nettoyer les marches. Et Mova, la marque sœur de Dreame, a son Zeus 60. Quatre approches en un an, dont aucune n’est en vente à l’heure où Roborock expose la sienne à Berlin.
La question que ni Roborock ni Dreame ne traitent, c’est le temps. Un escalier standard compte quatorze ou quinze marches. Un robot qui se hisse, se stabilise, aspire une marche de 25 cm de profondeur sur 90 cm de large, puis recommence, mettra plusieurs minutes par marche s’il veut aspirer autre chose que la poussière de surface. On parle d’une demi-heure à une heure pour un escalier qu’un humain fait en cinq minutes avec un aspirateur à main. Ce n’est pas forcément un problème, un robot travaille pendant qu’on est au bureau, mais ça change ce qu’on achète : un robot pour la maison entière qui passe par l’escalier, ou un robot qui monte à l’étage et redescend. La question suivante est celle des chutes. Un robot de quatre ou cinq kilos qui rate une marche au deuxième étage, ce n’est pas un incident logiciel.
Roborock et Dreame ont chacun résolu le problème mécanique de l’escalier, et c’est un vrai exploit d’ingénierie. Roborock n’a pas encore résolu le problème commercial du Rover : ni