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Actualité : 8 smartphones sur 10 sont hors-la-loi : l'immense fiasco de la réparabilité en Europe
Une enquête du collectif Right to Repair Europe souligne les faiblesses de l’indice de réparabilité européen, qui permet à la majorité des fabricants de ne pas mettre réellement à disposition les pièces détachées de leurs téléphones.
© DenPhotos / Shutterstock - Trouver une pièce détachée pour son smartphone n'est pas aussi simple que l'Union européenne l'exige
C’était censé être une obligation, cela ressemble davantage à une suggestion polie. À l’occasion du premier anniversaire du nouvel indice de réparabilité européen, iFixit et le collectif Right to Repair Europe ont tenté de vérifier comment les constructeurs de smartphones se conformaient à leurs nouvelles obligations légales.
Sans ménager le moindre suspense, l’association de défense des consommateurs déplore une véritable débandade : environ 80 % des constructeurs ne respectent pas la réglementation.
Plus précisément, c’est sur la mise à disposition d’informations relatives à la réparabilité de leurs produits que la plupart des constructeurs échouent. La fiche d’information standardisée exige en effet que les marques renseignent une adresse web permettant d'accéder aux pièces de rechange et aux instructions de réparation. Seulement voilà, sur les 2334 produits mis sur le marché européen au cours des 12 derniers mois, seuls 18 % sont véritablement accompagnés de ces informations, pourtant obligatoires.
La moitié des fiches produits analysées par iFixit et Right to Repair Europe ne contiennent tout simplement aucun lien vers une quelconque plateforme d’aide à la réparation. Pour le reste, 19 % font l’effort de lister une URL qui ne contient aucune des informations attendues, 8 % conseillent de “vérifier le manuel” et 5 % osent même renvoyer vers Temu ou AliExpress sans plus de cérémonie.
Le cas d’Ulefone est particulièrement révélateur : l’adresse renseignée semble légitime, mais redirige en réalité vers AliExpress. L’enquête rappelle qu’acheter sur ces plateformes peut faire supporter des frais de TVA imprévus aux consommateurs et faire courir le risque de commander des pièces dépourvues de certification européenne de sécurité.
Le peu de cas accordé par les constructeurs à l'indice de réparabilité européen
Bon nombre des téléphones épinglés proviennent de constructeurs chinois à la présence anecdotique en Europe. Cependant, même Apple et Samsung ne sont pas exempts de reproches, le collectif regrette que leurs plateformes de pièces détachées soient souvent trop complexes à appréhender pour le grand public.
Et les smartphones ne sont pas les seuls concernés. Une grande partie des sèche-linge (également soumis à la réglementation) manquent à l'appel, avec des liens renvoyant vers des sites génériques ou exigeant un identifiant et un mot de passe.