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La décision du procès en diffamation de Marie Portolano mise en délibéré, Pierre Ménès absent lors des débats pour "motif médical"
L'ex-chroniqueur sportif de Canal+ accuse la journaliste d'avoir menti à son sujet dans son livre "Je suis la femme du plateau", paru en mars 2024. Il doit être jugé le 16 novembre pour plusieurs atteintes sexuelles, dont une sur Marie Portolano.
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Le procès en diffamation de Marie Portolano s'est tenu sans Pierre Ménès, qui était lui-même à l'origine de cette procédure judiciaire. Lundi 7 septembre, l'ancienne star du "Canal Football Club", qui accuse la journaliste d'avoir menti à son sujet dans son livre Je suis la femme du plateau, paru en mars 2024, ne s'est pas présentée à l'audience du tribunal correctionnel de Paris. Ni même son conseil, Chloé Redon, retenue par une autre affaire. Alors qu'il demandait le renvoi de l'audience pour "motif médical", via une avocate de substitution, le tribunal correctionnel a refusé sa requête.
Pour la présidence, les conditions dans lesquelles un rendez-vous médical de Pierre Ménès a été positionné ce lundi ont été jugées "incertaines". "Il appartenait [à Pierre Ménès] de prendre ses disponibilités pour être représenté" par un avocat, a également estimé la présidence du tribunal. La défense, qui a immédiatement refusé ce renvoi, a dénoncé un "choix tactique" de la partie civile. Pour l'avocat Christophe Bigot, Pierre Ménès n'avait pas envie "de se présenter" le 16 novembre prochain au tribunal de Nanterre, où il sera jugé pour des atteintes sexuelles, notamment sur Marie Portolano, "avec une décision de relaxe" dans ce procès pour diffamation qu'il a lui-même intenté.
Pierre Ménès avait saisi la justice trois mois après la parution du livre de Marie Portolano, Je suis la femme du plateau, paru en mars 2024 (ed. Stock), dans lequel la journaliste dénonçait un climat sexiste dans le milieu du journalisme sportif. Si elle ne cite pas le nom de Pierre Ménès, le chroniqueur est facilement identifiable à plusieurs reprises. Deux extraits du livre l'ont particulièrement heurté. Marie Portolano évoque, en particulier, une agression sexuelle subie sur le plateau de Canal+ en 2016, durant laquelle Pierre Ménès aurait soulevé sa jupe pour lui toucher les fesses.
"J'ai été étonnamment surprise qu'il porte plainte pour diffamation."
"J'ai écrit ce livre car j'étais mécontente que toute la forêt se cache derrière l'arbre", a déclaré à la barre Marie Portolano, les manches de sa veste bleue retroussées. Selon elle, son livre, qui faisait suite à son documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, diffusé au printemps 2021, visait à dénoncer un "système" et non pas à déclencher une "chasse à l'homme". Pour Christophe Bigot, sa cliente a par ailleurs le droit à "une forme de spontanéité et de subjectivité" dans l'ouvrage, car elle a "son ressenti de victime". "Il n'y a pas de débat sur la nature du livre. (...) C'est le témoignage d'un vécu", a asséné l'avocat de la défense. Selon lui, le livre porte essentiellement sur "une problématique générale".
Durant l'audience, une scène du documentaire de Marie Portolano, qui a été coupée au montage, a par ailleurs été projetée. Dans cette séquence, Pierre Ménès déclare à la journaliste qu'il a "peut-être soulevé la jupe mais [qu'il ne s'en] souvient pas". Puis que, si elle avait été "un mec, [il n'aurait] pas soulevé sa jupe". Selon Christophe Bigot, ces propos témoignent du fait "qu'il reconnaît sans regretter". Pour le ministère public, Marie Portolano a apporté suffisamment d'éléments pour justifier ses écrits. La décision a été mise en délibéré au 4 novembre.
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