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Une image satellite de l'ESA montre une Europe sous canicule, en surchauffe comme on l'a jamais vue
En pleine canicule historique, l'ESA a photographié l'Europe depuis l'espace grâce au satellite Copernicus Sentinel-3. Des températures de surface du sol dépassant les 55 °C ont été mesurées depuis l'espace au-dessus de la France.
La France est entrée de battre record sur record de chaleur. Le mercredi 24 juin 2026 fut par exemple la journée la plus chaude jamais enregistrée dans le pays, avec une moyenne de 30 °C sur 24 heures. Ce jeudi, alors que Paris affiche 42 °C au thermomètre, l'Agence spatiale européenne (ESA) a publié une image venue de l'espace et qui offre un regard tout particulier sur cette canicule exceptionnelle. Le satellite Copernicus Sentinel-3 a capturé le continent deux jours plus tôt, en révélant des températures de sol qui donnent le vertige, au propre comme au figuré.
Protection complète contre les intrusions, incendies et accidents domestiques
C'est en fin de matinée, le 23 juin, que Sentinel-3 a survolé l'Europe. Sa mission était de mesurer les températures de surface, pas celles ressenties à l'ombre, donc, mais celles du bitume, du sable, de la roche. Ces matériaux emmagasinent la chaleur bien plus efficacement que l'air, creusant des écarts parfois spectaculaires avec les relevés des stations météo classiques.
Les chiffres capturés par le capteur SLSTR du satellite nous font transpirer rien qu'à leur lecture. Imaginez : 48 °C au sol à Madrid, 46 °C à Poitiers et Zaragoza, 44 °C à Rome, 49 °C à Tunis. Sur la carte de l'ESA, les zones violet foncé (Espagne centrale, ouest de la France, nord de l'Afrique) signalent même des températures de surface dépassant les 55 °C. Un outil qui sert, au-delà des canicules, à surveiller les îlots de chaleur urbains, les départs de feux et le stress hydrique des cultures.
Le responsable, c'est ce dôme de chaleur. Il s'agit d'une zone de haute pression qui s'est installée en altitude au-dessus de l'Europe, coincée entre deux dépressions situées de part et d'autre du continent. Du coup, l'air chaud est piégé comme sous une cloche, sans pouvoir s'échapper ni être remplacé par de l'air plus frais. L'ESA précise que le phénomène El Niño, ce dérèglement climatique cyclique du Pacifique, a bien été détecté, mais qu'il n'est pas à l'origine de cet épisode européen. Ce qui rend cette canicule particulièrement épuisante, c'est qu'elle ne lâche pas la nuit non plus. À Paris, la température minimale n'est pas descendue sous 26,4 °C, un record absolu. Sans cette fenêtre de fraîcheur nocturne, les corps comme les bâtiments accumulent la chaleur jour après jour, sans jamais pouvoir décompresser.
Les données de Météo France viennent densifier ce tableau très rouge. Les 23 et 24 juin ont fracassé l'ancien record de moyenne journalière, établi à 29,4 °C et partagé jusqu'ici par le 25 juillet 2019 et le 5 août 2003. Ce jeudi devrait marquer le pic de la canicule, avant une accalmie progressive par la façade atlantique en début de week-end.
Avec cet épisode, la France enregistre sa cinquante-deuxième canicule depuis 1947. Un chiffre qui, à lui seul, ne dit pas grand-chose, jusqu'à ce qu'on regarde comment il se répartit dans le temps. Les deux tiers de ces vagues de chaleur se sont produits depuis le début des années 2000, soit en seulement 25 ans sur les 80 que couvre la mesure. La chaleur laisse aussi des traces dans les sols : en Alsace, Aquitaine, Auvergne, Limousin et Midi-Pyrénées, l'humidité du sol atteint des niveaux proches des plus bas jamais enregistrés depuis le début des relevés en 1959. Ce qui signifie concrètement une végétation asséchée, des cultures fragilisées et un terrain idéal pour les départs de feux. Ce jeudi, plus de trente départements sont placés en danger élevé d'incendie, et deux d'entre eux (les Deux-Sèvres et la Haute-Garonne) au niveau très élevé.
Et le retour à la normale tant espéré ne se fera pas en douceur. L'accalmie attendue par l'ouest ce week-end arrivera avec son lot d'orages violents (rafales jusqu'à 100-110 km/h, risque de grêle) pendant