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Boston Dynamics veut des robots que les visiteurs auront envie de prendre dans leurs bras
Dynamic Creatures a quitté sa phase de développement confidentielle. Fondée par d’anciens dirigeants de Boston Dynamics, de Google et de l’institut Robotics and AI Institute, l’entreprise est devenue le partenaire officiel de Boston Dynamics pour l’hôtellerie et le divertissement. Son ambition est de proposer des robots personnages que le public pourra approcher et serrer dans les bras sans crainte.
Même si elle n’est plus à faire,
Boston Dynamics doit sa réputation à des vidéos de robots quadrupèdes qui réalisaient des sauts et des acrobaties devenues virales dans les années 2010. Les humanoïdes chinois ont depuis repris le créneau avec leurs chorégraphies filmées, pendant que la robotique américaine s’est tournée vers la production industrielle et la défense.
Marc Theermann, ancien directeur de la stratégie chez Boston Dynamics et ancien cadre chez Google, a cofondé Dynamic Creatures avec Farbod Farshidian, directeur technique et ancien responsable de la recherche au Robotics and AI Institute. Ce dernier a notamment développé le comportement humanoïde agile du robot Atlas et des méthodes de transfert de compétences de la simulation vers des machines réelles.
L’entreprise collabore déjà avec un grand parc d’attractions et une enseigne de distribution. Basée à Boston, Dynamic Creatures souhaite dans un premier temps investir les parcs d’attractions, les hôtels, les casinos et les musées, avant d’envisager le commerce de luxe.
Farbod Farshidian a mis au point SnowJay, le poétique geai des neiges. Cette plateforme d’intelligence artificielle et de robotique sert de système d’exploitation aux personnages de Dynamic Creatures et combine robotique avancée, contrôle par apprentissage, perception en temps réel, programmation comportementale, conception de personnages et costumes. Il pense que les mouvements, la perception et le comportement d’un personnage doivent former un système unique, robuste et fluide, pour qu’une interaction avec le monde physique soit naturelle. Les robots construits sur des plateformes existantes peuvent être livrés en quelques mois et loués aux exploitants de parcs, tandis que les créations originales, pensées pour une marque ou une histoire donnée, suivent un développement plus long.
Marc Theermann, P-. D. G de Dynamic Creatures, a expliqué dans une interview accordée à Semafor, que la sécurité de ces machines doit être repensée depuis ses fondations, car l’ambition est de proposer des robots que le public pourra serrer dans ses bras sans risque. À cause du costume que porte chaque robot pour incarner un personnage, sa visibilité diminue et sa température interne augmente. Et c’est une nuance importante car ces deux effets n’étaient pas pris en compte dans la conception des robots industriels ou militaires par Boston Dynamics.
Et c'est encore différent de ce qui se fait actuellement. Le 29 mars dernier, à Disneyland Paris, un robot Olaf conçu par Disney Research a rejoint le spectacle quotidien Celebration in Arendelle, dans la zone World of Frozen. Ce personnage se déplace librement, sans câble ni rail, grâce à une puce NVIDIA Jetson et à des méthodes d’apprentissage par renforcement développées avec Google DeepMind. Un opérateur humain continue pourtant de piloter ses mouvements et ses dialogues en temps réel depuis une console Steam Deck.
Avec SnowJay, Dynamic Creatures promet au contraire une interaction pilotée directement par le personnage, sans opérateur humain.
Selon Nikolas Noel, vice-président du marketing et de la communication chez Boston Dynamics, l’entreprise ne maîtrise pas en interne la vision artistique nécessaire pour construire des personnages robotiques, ni toujours les compétences d’ingénierie qu’une expérience réellement interactive suppose.
Amanda McMaster, PDG par intérim de Boston Dynamics, a au contraire défendu le partenariat. Elle estime que les deux fondateurs de Dynamic Creatures réunissent l’expertise commerciale et technique que ce projet requiert.