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Airbus et Unseenlabs vont construire les satellites qui surveilleront le monde pour l'armée française
La France a choisi Unseenlabs et Airbus pour concevoir ses futurs satellites espions, chargés d'écouter les signaux radar et télécoms dans le cadre du programme Cassiopée. Le contrat, officialisé vendredi, doit renforcer la souveraineté militaire française dans l'espace.
En marge du Sommet international sur l'espace, qui aura animé la semaine du New Space français, la ministre des Armées Catherine Vautrin a annoncé, ce vendredi 11 septembre, l'attribution du contrat Cassiopée par la Direction générale de l'armement (DGA). Et c'est Airbus Defence and Space, associé à Unseenlabs, qui sera chargée de développer ce nouveau système de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM), qui doit succéder aux satellites Ceres à l'horizon 2032. Ce contrat attribué à la filiale de l'avionneur européen et à jeune entreprise hexagonale doit renforcer la souveraineté spatiale et militaire de la France d'un secteur ô combien stratégique.
Sur ce chantier hors norme, Airbus endosse la casquette d'architecte général. L'industriel toulousain, qui a signé de multiples contrats cette semaine aussi bien sur le spatial que sur le militaire, pilotera l'intégration du système, fournira le centre de contrôle et développera la plateforme satellite, basée sur la génération S250 déjà éprouvée sur la constellation d'observation CO3D. Une base technique solide, donc, et projet plutôt ambitieux.
De son côté, Unseenlabs, jeune pousse rennaise et acteur pionnier du New Space français, apporte son savoir-faire en planification de mission et en traitement des données, à bord comme au sol. La société fournira également le segment sol utilisateur ainsi qu'une charge utile qu'elle présente comme particulièrement innovante.
Vous voulez un peu plus de détails on imagine, alors sachez que ces satellites auront pour mission d'espionner les ondes, car ils ne prennent pas de photos, mais ils tendent l'oreille. Depuis l'orbite, ils captent les ondes émises par des radars ou des systèmes de communication au sol, en mer ou dans les airs, comme de gigantesques antennes qui écoutent le ciel. En analysant ces signaux, ils permettent de repérer, d'identifier et de localiser des équipements potentiellement menaçants, avant même qu'ils ne soient visibles autrement. Cassiopée, plus performant et plus réactif que le système actuel, doit ainsi prendre le relais des satellites Ceres d'ici 2032. Il constituera le pilier central du programme Celeste (Capacité ÉLEctromagnétique SpaTialE), qui regroupe l'ensemble des moyens spatiaux français dédiés à ce type de surveillance.
L'enjeu, on l'a tous compris, c'est celui de l'indépendance de la France en matière de renseignement. Grâce à ces satellites, l'armée pourra surveiller en permanence les zones sensibles et les terrains d'opération à travers le monde, sans attendre que quelqu'un d'autre lui transmette l'information. Autrement dit, la France peut évaluer elle-même la nature d'une menace et décider comment y répondre, sans dépendre du bon vouloir ou des délais d'un partenaire extérieur. C'est voir, comprendre et agir en toute autonomie.
Alain Fauré, le directeur des systèmes spatiaux chez Airbus Defence and Space, affirme que le contrat signé « contribue à la souveraineté de la France et à son autonomie stratégique ». Pour lui, c'est aussi la preuve de la bonne santé de la filière spatiale tricolore.
Du côté d'Unseenlabas, c'est aussi et évidemment l'enthousiasme qui domine. Son cofondateur et directeur exécutif, Clément Galic, voit dans Cassiopée la rencontre entre un géant historique de l'aérospatiale et une entreprise pionnière du New Space tricolore, ce qui factuellement est on ne peut plus vrai. Ensemble, les deux partenaires ambitionnent de « doter la France d'un système ROEM spatial souverain, performant et adapté » aux défis opérationnels de demain.