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La fin de l'enquête sur Christian Nègre, ancien haut fonctionnaire accusé de soumission chimique, annoncée pour "courant 2027"
Cette annonce a été faite à l'issue d'une réunion avec les victimes, "essorées" et "frustrées" par la lenteur des investigations, alors que l'enquête est toujours en cours depuis huit ans.
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L'annonce a été accueillie avec déception et colère par les victimes. Dans l'affaire Christian Nègre, cet ancien haut fonctionnaire accusé de soumission chimique, les juges d'instruction ont la "volonté" de "clôturer courant 2027" les investigations, a annoncé, vendredi 11 septembre, le parquet de Paris. Initialement, en février, la procureure de Paris, Laure Beccuau, avait annoncé la clôture de l'enquête à la fin de l'année 2026.
Christian Nègre, ex-DRH du ministère de la Culture, est poursuivi pour avoir drogué près de 250 femmes, en versant à leur insu un puissant diurétique dans le café ou le thé de femmes qu'il recevait en entretien, afin de les forcer à uriner en sa présence. L'ex-DRH recensait chaque femme dans un tableau Excel.
Le parquet de Paris rappelle que Christian Nègre a été mis en examen le 24 octobre 2019, puis en 2023, pour administration de substances nuisibles, violences par personne chargée de mission de service public, atteintes à l'intimité et agressions sexuelles, pour des faits commis entre 2009 et 2019. L'enquête, ouverte en juin 2018, d'abord à Metz avant d'être sous la direction du parquet de Paris, est toujours en cours.
"On est en colère, on veut que ça avance" : des femmes qui ont porté plainte contre l'ex-haut fonctionnaire Christian Nègre, accusé de soumission chimique, réclament un procès
A ce jour, "191 victimes se sont constituées parties civiles", soit 11 personnes de plus qu'en février, a précisé vendredi le parquet, au lendemain de la "réunion d'information à l'attention des parties civiles et de leurs avocats". Lors de cette réunion, "les juges d'instruction ont décliné les actions entreprises" pour "recenser le plus grand nombre de victimes, individualiser le traitement judiciaire de chacune, dans le cadre d'une affaire d'atteinte aux personnes à caractère sériel", a expliqué le parquet de Paris. "A l'issue de cette présentation, les parties civiles et leurs avocats ont pu s'exprimer et poser l'ensemble de leurs questions", a-t-il encore assuré.
Cependant, les victimes ont confié sortir de cette réunion "essorées" et "frustrées", a déclaré la Fondation des femmes dans un communiqué publié vendredi en fin d'après-midi. "Après plus de cinq heures d'échanges, les victimes en sont reparties sans aucune réponse concrète à leur questions sur le calendrier et les perspectives de l'instruction", argue la Fondation, qui accompagne désormais 60 femmes dans ce dossier.
"Aucune victime n'a, à ce jour, été entendue individuellement par la juge d'instruction", dénonce la Fondation des femmes. Lors de la réunion, plusieurs parties civiles ont exprimé le sentiment de se sentir des "sous-victimes", et de n'être pas sérieusement prises en charge par l'institution judiciaire, relève encore la Fondation.
"Dans cette affaire de soumission chimique d'ampleur, nous refusons que la justice se transforme en boîte noire où les victimes ne sont ni entendues ni considérées. Huit ans d'instruction, zéro réponse : c'est une violence supplémentaire", déplore aussi Caroline Darian, présidente de l’'association M'endors pas, citée par la Fondation des femmes.