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Airbus et Kawasaki s'associent pour créer un drone anti-sous-marin basé sur l'Eurodrone
Airbus et Kawasaki ont signé un mémorandum d'entente pour développer une version anti-sous-marine de l'Eurodrone, le grand drone militaire européen de longue endurance. Une première collaboration concrète pour la défense maritime japonaise.
Depuis Tokyo vendredi, Airbus a officialisé un accord avec Kawasaki Heavy Industries pour étudier le développement d'une future variante anti-sous-marine de l'Eurodrone U950, premier grand drone militaire de longue endurance européen. L'archipel japonais suit le programme depuis 2023 en tant qu'observateur, autant donc dire que cette signature est un vrai pas en avant. Derrière l'annonce, il y a une intrigante et inédite collaboration entre deux géants industriels européen et japonais qui prend forme, avec des retombées attendues bien au-delà du Pacifique.
L'annonce est tombée le 26 juin, et vous l'aurez compris, Kawasaki ne fabrique pas que des motos, loin de là. L'entreprise nippone, aussi connue dans le secteur de l'aérospatial, du ferroviaire, du naval et de la défense, a signé avec l'avionneur Airbus un mémorandum d'entente pour explorer ensemble le développement d'une variante anti-sous-marine de l'Eurodrone U950. Après trois ans passés comme simple observateur du programme, le Japon passe désormais à une étape bien plus engageante.
Le choix de l'Eurodrone est évidemment à expliquer. Le Japon, qui est une nation insulaire contrainte de surveiller de vastes étendues maritimes, sait ce qu'il cherche. L'appareil européen se distingue par une endurance de vol bien supérieure à ses concurrents, une capacité d'emport conséquente, et la possibilité d'embarquer des bouées acoustiques et torpilles, donc tout le nécessaire pour traquer les sous-marins en profondeur. La France ne veut plus de l'engin, jugé trop obsolète, mais le Japon veut sa propre version.
La plateforme non pilotée viendrait compléter la flotte japonaise d'aéronefs anti-sous-marins avec équipage, sans la remplacer. Airbus insiste sur un point important : si l'archipel décidait d'acquérir l'Eurodrone, il pourrait l'opérer en totale souveraineté, sans aucune dépendance extérieure, ce qui renforcerait ainsi sa sécurité maritime de manière autonome et durable.
Les prochaines discussions entre Airbus et Kawasaki porteront sur les options de conception, de développement et de commercialisation d'une version maritime japonaise. Les échanges concerneront notamment les configurations possibles, l'intégration de capteurs et d'effecteurs nippons, et la participation de l'industrie locale à la production et au soutien en service. Tout est ouvert pour faire du Japon un véritable partenaire industriel, et non un simple client.
L'Eurodrone est un programme à quatre nations (France, Allemagne, Italie et Espagne), piloté par l'OCCAR, et dont le premier vol est attendu pour 2029. Il peut être rattaché à différentes missions, comme de la reconnaissance, du renseignement aérien, de l'alerte précoce, de la surveillance, de l'acquisition d'objectifs ou du renseignement électromagnétique. Avec 2,3 tonnes de charge utile et jusqu'à 40 heures d'autonomie, ses niveaux de sécurité et de redondance lui permettent d'opérer aussi bien en espace aérien civil qu'en pleine mer. Et puisqu'on parle d'attractivité, il faut aussi préciser que l'Inde est également observatrice du programme. On peut aussi évoquer le cas du drone MALE Enbata d'Aura Aero, autre programme européen de longue endurance en cours de développement, pour montrer l'effervescence du secteur sur le Vieux Continent.
Au-delà du seul marché japonais, la collaboration entre Airbus t Kawasaki est présentée comme un vrai catalyseur pour l'ensemble du programme. Les enseignements issus du développement de la variante nippone devraient directement alimenter les futures versions navales européennes, un cercle vertueux qui dit beaucoup du rapprochement stratégique en cours entre l'Europe et le pays du soleil levant, dans un contexte où les commandes de drones militaires s'accélèrent, en France et