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"Il est temps pour elle de s'expliquer" : le procès de Rachida Dati pour corruption maintenu, malgré l'absence de Carlos Ghosn
Dès l'ouverture de l'audience, mercredi après-midi, le tribunal a examiné la demande de report formulée dans un courrier par l'ex-PDG de Renault, réfugié au Liban. Il a finalement décidé de juger Carlos Ghosn en son absence.
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Le procès pourra se dérouler comme prévu. Le tribunal correctionnel de Paris a décidé, mercredi 16 septembre, après avoir délibéré pendant près d'une heure, de poursuivre l'audience et de juger Carlos Ghosn en son absence. L'ancien PDG de Renault, renvoyé principalement pour corruption aux côtés de l'ancienne ministre Rachida Dati, avait demandé un report de l'audience à une date ultérieure, dans un courrier adressé à la justice française en août. Il avait invoqué le non-respect des délais de sa convocation devant la justice française pour justifier sa requête.
Six questions sur le procès pour corruption de Rachida Dati et Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault
"C'est un soulagement, pour que la lumière soit enfin faite, dix-sept ans après", a réagi auprès de franceinfo Clémence Witt, l'avocate de Transparency International France, une ONG qui lutte contre la corruption, partie civile. La décision satisfait toutes les parties présentes, qui se sont prononcées, mercredi, en faveur du maintien de l'audience, dénonçant une manœuvre de l'ancien grand patron de 72 ans pour retarder l'échéance judiciaire.
"Carlos Ghosn n'a aucune intention de se présenter devant la justice française, car sinon, sa narration romanesque s'effondre."
De son côté, le Parquet national financier a demandé de "ne pas renvoyer l'examen de l'affaire, de ne pas disjoindre" les cas de l'ancienne ministre et de l'ex-patron de Renault, constatant que Carlos Ghosn "maintient sa stratégie 'un pied dedans, un pied dehors'". Même si c'est "un crève-cœur", la défense de Rachida Dati n'a pas non plus réclamé de report, à la demande de sa cliente. "Il est temps pour elle de s'expliquer et de faire litière de tout ce qui est dilatoire", a plaidé son avocat Olivier Pardo. "Elle veut être jugée, parce qu'elle veut être relaxée et sortir par la grande porte !", a tonné son confrère Olivier Baratelli.
Arrivée d'une démarche assurée dans la salle d'audience juste avant 13h30, vêtue d'une tenue noire, un sac à la main, Rachida Dati sera donc seule à répondre des faits devant le tribunal. Immédiatement appelée à la barre pour confirmer sa date de naissance et son adresse, l'actuelle maire du 7e arrondissement de Paris, qui a récemment demandé à réintégrer la magistrature, a répondu d'une petite voix, loin de sa verve habituelle.
Droite comme un i devant le pupitre, Rachida Dati a ensuite écouté la présidente du tribunal rappeler les faits pour lesquels elle comparaît. Il lui est reproché d'avoir perçu des honoraires d'avocate à hauteur de 900 000 euros, entre 2010 et 2012, versés par Renault-Nissan VB (RNVB), société néerlandaise censée servir de support à l'alliance entre les constructeurs français et japonais, sans avoir fourni un réel travail. En contrepartie, selon l'accusation, elle aurait effectué du lobbying au Parlement européen, où elle était élue.
Pendant la suite des débats, consacrés dans la soirée à des questions de procédure, Rachida Dati est restée impassible, assise sur le banc des prévenus, les jambes et les bras croisés, le regard fixé sur la présidente du tribunal. Concentrée, elle est impatiente de répondre aux questions, selon son entourage. Ce sera donc le cas dès jeudi, puis au cours de six après-midi, jusqu'au 28 septembre.