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VIDEO. "Peut-être qu'un ministre de l'Intérieur ne devrait pas dire ça" : Laurent Nuñez a-t-il participé à alimenter des fuites sur la détention de drogue par Rima Hassan ?
En avril, plusieurs médias avaient relayé l'information erronée selon laquelle de la drogue de synthèse avait été retrouvée dans les effets personnels de l'eurodéputée LFI, alors en garde à vue. Selon "Complément d'enquête", qui a recueilli le témoignage de plusieurs sources, le ministre de l'Intérieur en personne a en partie contribué à la diffusion de cette fausse information.
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Dans son numéro du jeudi 17 septembre, "Complément d'enquête" revient sur les dessous de la garde à vue de Rima Hassan au printemps dernier, à Paris, et pointe le rôle de Laurent Nuñez dans l'emballement médiatique qui a entouré l'audition de l'eurodéputée LFI ce jour-là. Sur la base de déclarations de plusieurs témoins, le magazine d'investigation révèle que les fausses informations qui ont circulé dans la presse, selon lesquelles des produits stupéfiants avaient été retrouvés dans ses affaires, ont en partie émané du ministre lui-même.
"Complément d'enquête". Keffieh, tweets et polémiques : la méthode Rima Hassan
Pour comprendre la chronologie des événements, il faut remonter au 2 avril dernier, quand Rima Hassan, tout juste revenue d'un déplacement à Bruxelles, se rend dans les locaux de la police judiciaire de Paris, convoquée sous le régime de la garde à vue. Elle doit être auditionnée dans le cadre d'une enquête pour apologie du terrorisme, après avoir publié un post sur X, qu'elle a ensuite supprimé, relayant des propos du terroriste japonais Kozo Okamoto. Cet ancien membre de l'Armée rouge japonaise est l'un des auteurs de l'attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine, à l'aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes.
Comme le veut la procédure, les policiers effectuent alors un inventaire des affaires de l'eurodéputée et tombent, dans son sac à main, sur deux contenants qui les intriguent : dans le premier figure de la matière brunâtre et dans le second, un produit blanc. Selon son avocat, Vincent Brengarth, qui l'accompagne ce jour-là, Rima Hassan leur explique immédiatement qu'il s'agit de CBD dans les deux contenants, soit un dérivé de cannabis vendu en toute légalité. Un premier test, effectué par les enquêteurs, montre que le produit blanc est positif à la présence de cathinone, une molécule que l'on retrouve souvent dans la 3MMC, une drogue de synthèse dont les effets sont réputés proches de la cocaïne et de la MDMA.
"Les policiers qui sont spécialistes des procédures de stupéfiants le savent très bien : il faut attendre les résultats du laboratoire pour que l'on soit certain qu'il s'agisse bien d'un produit stupéfiant", observe Eric Pelletier, journaliste police-justice à France Télévisions, interrogé par "Complément d'enquête". Malgré tout, et sans attendre ces résultats, le produit blanc est étiqueté "3MMC" par les policiers. "Cette désignation n'est pas du tout anodine de la part des services enquêteurs", considère Vincent Brengarth, rappelant que cette drogue est connue du grand public, "notamment depuis l'affaire Pierre Palmade" en lien avec son utilisation "dans les affaires de chemsex".
Rima Hassan n'est même pas encore sortie de garde à vue que l'information fuite déjà dans la presse et fait les gros titres dès le début d'après-midi. "On a vu des plateaux télévisés se tenir en direct, des flashs info, pour commenter une information non vérifiée, issue d'une violation du secret de l'enquête, en dehors de tout contradictoire", s'indigne l'avocat de l'eurodéputée. Le parquet de Paris demande immédiatement l'ouverture d'une enquête incidente de flagrance, en lien avec la présence de ces supposés produits stupéfiants.
Mais quelques jours plus tard, les tests en laboratoire confirment que les produits découverts dans les effets personnels de Rima Hassan étaient du CBD. Mais alors, qui a bien pu transmettre ces informations erronées aux journalistes ? Le parquet de Paris, qui a depuis classé sans suite le