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RDNA 5 repoussé à 2028 : l'IA sacrifie une génération entière de GPU AMD
Les GPU gaming d’AMD ne seraient pas attendus avant fin 2027, voire début 2028. Une génération entière de Radeon sacrifiée sur l’autel de l’IA et de la pénurie mémoire, pendant que NVIDIA joue la même partition.
La promesse était simple : RDNA 4 en 2025, RDNA 5 deux ans plus tard. Sauf que la réalité du marché des semi-conducteurs en 2026 n’a plus grand-chose à voir avec les cycles habituels. Selon plusieurs fabricants de cartes graphiques interrogés lors du Computex, les prochains GPU AMD basés sur l’architecture RDNA 5 ne seraient pas attendus avant le second semestre 2027, et certains partenaires évoquent même un glissement vers début 2028. AMD n'a confirmé aucune date officielle. Mais quand les AIB (partenaires fabricants de cartes) s’alignent sur ce calendrier, c’est rarement sans raison.
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Le cycle habituel de deux ans entre deux générations Radeon est en train de voler en éclats. La série RX 9000 basée sur RDNA 4 est arrivée en mars 2025 ; si RDNA 5 ne débarque qu’en fin 2027 ou début 2028, l’écart atteindra deux ans et demi à trois ans. C’est du jamais vu depuis des années dans le segment gaming grand public. Pour les joueurs qui espéraient une montée en gamme rapide, notamment sur le haut de gamme qu’AMD avait délibérément évité avec RDNA 4, l’attente s’annonce longue.
Chez AMD (comme chez NVIDIA), le gaming n’est plus la priorité absolue. Les capacités de production de puces et de mémoire GDDR sont massivement absorbées par les accélérateurs IA et les GPU datacenter, bien plus rentables. Fabriquer une Radeon RX 9070 XT rapporte infiniment moins qu’une puce pour serveur d’inférence. Dans ce contexte, les partenaires d’AMD sur les cartes graphiques ne font que refléter les contraintes industrielles réelles, pas une décision stratégique isolée.
La pénurie de mémoire GDDR et HBM est au cœur du problème. Depuis la seconde moitié de 2025, la demande des géants de l’IA a littéralement asséché les capacités de production des fondeurs. Résultat : les coûts de fabrication des GPU gaming explosent, et les marges se réduisent d’autant. Igorslab synthétise bien l’équation : nouvelle génération de gravure, mémoire rapide, gros dies, packaging avancé… chaque composant coûte plus cher, et les capacités sont en concurrence directe avec des clients datacenter qui paient sans discuter.
NVIDIA se retrouve dans la même situation avec sa future série GeForce RTX 60 basée sur l’architecture Rubin, également attendue sur la fenêtre 2027-2028. Ce n’est pas une coïncidence : les deux acteurs subissent les mêmes contraintes d’approvisionnement. Pour combler le vide, des versions « Super » ou « Refresh » des cartes actuelles circulent en rumeur, mais rien de confirmé.
Côté RDNA 5, les quelques fuites techniques évoquent un flagship à 96 Compute Units (contre 64 sur la génération actuelle, soit +50 %), avec des « Neural Arrays » pour l’accélération IA et des « Radiance Cores » pour le ray tracing, développés en partie dans le cadre d’une collaboration avec Sony. Ces détails restent à source unique et sont à prendre avec précaution. En attendant, le FSR 4.1 arrive sur les Radeon RDNA 3 et RDNA 2, ce qui tempère un peu l’abandon des générations précédentes.
Pour les joueurs PC équipés d’une Radeon récente, le message est clair : votre carte va devoir tenir la distance, qu’elle le veuille ou non. Deux à trois ans, c’est une éternité dans un marché où NVIDIA continue d’affiner son écosystème logiciel, son DLSS et ses drivers. AMD devra livrer bien plus qu’une simple hausse de performances brutes avec RDNA 5 : ray tracing crédible, upscaling compétitif et drivers solides dès le lancement.