// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Le zéro et l'infini : les mathématiciens indiens étaient en avance de plusieurs siècles sur les Européens !
Bien loin de Heidegger et de Sartre, Michel Serres était un philosophe profondément engagé dans son temps, homme de sciences tout autant qu'homme de lettres. En dehors de ses nombreux ouvrages, on lui devait aussi de merveilleux documentaires sur l'histoire des sciences auxquels il avait participé, comme Tours du Monde, Tours du Ciel, qu'il nous laisse en héritage après son décès à 88 ans.... Lire la suite
Depuis presque un siècle, les scientifiques ont développé des théories expliquant tout d'abord l'origine du Système solaire puis de l'Univers observable, en tout cas jusqu'à un certain point. Mais sont-ils vraiment allés plus loin que les mythes sur l'origine du Monde qui font écho dans bien des cultures et depuis plusieurs milliers d'années ? Le lecteur et la lectrice peuvent se faire une opinion à ce sujet avec une anthologie de textes patiemment collectés et commentés sur ces questions par le célèbre astrophysicien, cosmologiste et poète Jean-Pierre Luminet depuis plus d'une décennie. Voici quelques commentaires sur cette anthologie en deux parties.... Lire la suite
Ne manquez pas, jusqu'au 24 septembre 2026, l'exposition « De Shunya à Ananta : de zéro à l’infini. La contribution de la civilisation indienne aux mathématiques » au Centre culturel indien Swami Vivekananda, à Paris. Pour des raisons sans doute culturelles, vous y découvrirez que les mathématiciens indiens ont anticipé plusieurs concepts mathématiques très importants bien avant les Européens. Pour en savoir un peu plus, Futura a eu l'honneur d'interroger à ce sujet Manjul Bhargava, un mathématicien indo-canado-américain, lauréat de la médaille Fields en 2014. Il était présent à l'inauguration avec un autre lauréat de la médaille Fields, le Français Laurent Lafforgue.
Saviez-vous que la division et le calcul sur les angles en utilisant une base 60 sont en fait une habitude prise il y a des milliers d'années par les Babyloniens qui, plus généralement en utilisant une numération sexagésimale positionnelle - c'est-à-dire en base 60 - avaient remarqué qu'il était plus facile de calculer avec des fractions dans cette base parce que 60 possède beaucoup de diviseurs (60 = 2² × 3 × 5) ?
Saviez-vous qu'ils savaient résoudre certaines équations du second degré, bien qu'ils ne semblent pas avoir acquis le concert de démonstration déductive générale à la manière d'Euclide ?
Saviez-vous que le mathématicien indien Śrīdhara (VIIIe-IXe siècle) était en possession de la formule générale de résolution des équations du second degré que nous connaissons, et qu'elle était connue presque sous la même forme par un autre mathématicien indien près de trois siècles plus tôt : Brahmagupta ?
Bien loin de Heidegger et de Sartre, Michel Serres était un philosophe profondément engagé dans son temps, homme de sciences tout autant qu'homme de lettres. En dehors de ses nombreux ouvrages, on lui devait aussi de merveilleux documentaires sur l'histoire des sciences auxquels il avait participé, comme Tours du Monde, Tours du Ciel, qu'il nous laisse en héritage après son décès à 88 ans.... Lire la suite
La liste serait longue et inclurait plusieurs mathématiciens-astronomes remarquables non-occidentaux, mais dont les travaux précurseurs vont parfois influencer les chercheurs européens. En fait, hors quelques historiens et philosophes des sciences en mathématiques, tel Michel Serres, nous sommes sans doute nombreux à avoir une vision encore trop centrée sur l'Europe en ce qui concerne la pensée mathématique à l'échelle de l'Humanité il y a plusieurs siècles et millénaires.
L'exposition qui se tient jusqu'au 24 septembre à Paris au Centre culturel Swami Vivekananda (pour mémoire Vivekananda est célèbre pour avoir largement fait connaître l'hindouisme au monde occidental et avoir été l'un des inspirateurs du mouvement pour l'indépendance de l'Inde) et qui s'intitule « De Shunya à Ananta : du zéro à l'infini - La contribution de la civilisation indienne aux mathématiques » contribue à corrige