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« Il y a 0 % de chance que ce soit la fin du monde » : le patron de Nvidia balaie les craintes sur l’IA
Le débat autour de la sécurité de l’intelligence artificielle continue de diviser la Silicon Valley. Interrogé par la chaîne américaine CBS News, Jensen Huang a vivement rejeté les scénarios de destruction planétaire causés par les modèles avancés. Pour le cofondateur de la première capitalisation boursière mondiale, ces alertes manquent de rigueur scientifique et détournent l’attention des véritables responsabilités industrielles.
Les déclarations du PDG de Nvidia répondent directement aux propos tenus sur les réseaux sociaux par un ancien chercheur d’Anthropic, Jacob Coxon. Ce dernier affirmait que des concepteurs de pointe croyaient sérieusement que la technologie pouvait anéantir l’humanité d’ici la fin de la décennie.
Jensen Huang a balayé ces craintes avec fermeté : « 2030 ne marquera pas la fin du monde. Il n’y a aucune chance que ce soit la fin du monde », a-t-il affirmé sur CBS News. Il a ajouté : « Il n’y a pas lieu d’effrayer les gens. C’est irresponsable. ». Selon lui, ces prédictions ne reposent sur aucun fait scientifique avéré.
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Il va même plus loin et prête des arrière-pensées à ceux qui agitent le scénario catastrophe : « Ils doivent le faire pour des raisons cachées », avance-t-il, sans trancher, « peut-être politiques, peut-être juste pour attirer l’attention ».
Cette prise de position tranche avec les déclarations de Dario Amodei (patron d’Anthropic), de Sam Altman (PDG d’OpenAI) ou d’Elon Musk, qui ont plusieurs fois appelé à temporiser les déploiements de modèles d’IA par mesure de précaution. Donald Trump a pour sa part qualifié ces craintes de « canular » lors d’un appel téléphonique adressé à Jensen Huang lors d’une conférence le 14 septembre dernier.
Nvidia est actuellement valorisée à 5300 milliards de dollars (environ 4600 milliards d’euros). C’est ce fondeur qui fournit l’infrastructure matérielle clé de l’écosystème IA avec ses puces de calcul.
De fait, un ralentissement mondial de la course aux modèles pénaliserait directement ses ventes et donc ses revenus. Et pour Jensen Huang aussi, le profit serait moindre, lui dont la fortune est estimée à 182 milliards de dollars (environ 158 milliards d’euros), soit la huitième du monde. À titre personnel aussi il a tout à y gagner que la fête continue sans ralentir.
Concernant la sécurité, le patron de Nvidia soutient que les législations actuelles sur la cybersécurité et la responsabilité des fabricants suffisent largement pour encadrer les dérives : « Vous êtes soumis à toutes sortes de responsabilités liées à la cybersécurité […] Appliquez-les en premier lieu ; ne laissez pas ce discours apocalyptique permettre à quiconque de se soustraire aux lois existantes. » Cette posture s’inscrit dans la continuité de sa vision industrielle. Pour Jensen Huang, la sécurité de l’IA est un problème d’ingénierie et non un problème juridique.
Ses « 0 % » ne disent toutefois rien des ratés plus terre-à-terre, cyberattaques ou modèles qui déraillent, comme ce fut le cas chez OpenAI cet été avec le piratage de la société Hugging Face ou plus récemment six nouveaux incidents repérés par OpenAI également.