// LES NUMÉRIQUES — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Actualité : Plus de datacenters en France pour rendre l’IA moins polluante : l’étonnante conclusion des sénateurs
Pour réduire l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle, le Sénat recommande de bâtir plus de datacenters en France. Une recommandation portée par une électricité abondante et largement décarbonée, mais pas que.
© Scharfsinn/Shutterstock - Les sénateurs poussent à l'ouverture de la France aux datacenters pour décarboner l'intelligence artificielle
Alors que les contestations locales se multiplient vis-à-vis des datacenters, la commission du développement durable du Sénat répond à contre-courant pour que l’intelligence artificielle pollue moins. Les rapporteurs de ce dossier brûlant préconisent en effet d’accélérer l’implantation de ces infrastructures massives sur le territoire français pour décarboner ce secteur technologique florissant. Une déclaration portée par le parc de production électrique unique de l’Hexagone.
Accueillir davantage de datacenters en France peut réduire l’empreinte environnementale de l’IA.
Ce n’est pas nouveau, l’énergie est l’un des leviers essentiels au développement de l’intelligence artificielle. Une situation causée par un besoin en énergie colossal pour faire tourner les datacenters aux quatre coins du globe, au fur et à mesure que les projets se concrétisent.
L’entraînement des modèles réclame désormais des puissances grimpant jusqu’à un gigawatt, tandis qu’une requête d’IA consomme environ dix fois plus d’énergie qu’une recherche classique. Dans ce contexte, l’origine de l’électricité devient déterminante pour freiner l’envolée des émissions de CO2 et préserver les engagements climatiques des géants de la tech, dont la célèbre neutralité carbone.
Aujourd’hui, près de 80 % des données des Français restent hébergées à l’étranger, principalement aux États-Unis où le mix électrique dépend à 57 % des énergies fossiles, provoquant même la construction de centrales à gaz dédiées à certains datacenters. L’argumentaire des sénateurs repose ainsi sur une réalité énergétique qui met la France au premier plan, disposant d’un réseau électrique décarboné à 95 %.
L’avantage écologique tricolore ne s’arrête d’ailleurs pas à l’électricité. En matière hydrique, alors que les prélèvements mondiaux pour refroidir les serveurs risquent d’atteindre 9 000 millions de mètres cubes en 2030, les installations françaises ne prélèvent que 681 000 mètres cubes annuels, soit 0,0023 % du total national. Une sobriété permise par des systèmes de refroidissement en circuit fermé ou par air, bien moins gourmands en eau que les méthodes américaines.
De plus, l’Hexagone valorise 50 % de ses déchets électroniques dans l’économie circulaire, contre seulement 17 % ailleurs, allégeant la pression sur les minerais critiques indispensables aux puces graphiques.
On va consommer de plus en plus d’IA, donc autant en consommer de la bonne, en matière d’infrastructure, que de la mauvaise.