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La loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre "ne dispensera pas de faire des enquêtes", assure le directeur de l'IGPN
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Stéphane Hardouin, magistrat et directeur de la "police des polices" était l'invité de franceinfo, quelques heures après la publication du rapport annuel de l’Inspection générale.
La "police de la police", l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a dévoilé, mercredi 23 septembre, son rapport annuel. Parmi les principaux points : une baisse des tirs mortels par les policiers et une augmentation de 45% des "atteintes à la probité" dans la police en 2025.
Les infractions pour des "atteintes à la probité" dans la police ont augmenté de 45% en un an, selon l'IGPN
Les tirs mortels de policiers sont ainsi en baisse en 2025 par rapport à 2024. L'IGPN a enregistré une baisse du nombre de morts liés à des tirs par arme à feu de la part de policiers, avec 12 morts en 2025 contre 16 morts en 2024. Parmi ces douze décès, aucun n'est en lien avec des refus d'obtempérer comme c'était déjà le cas en 2024, après trois morts en 2023, dont Nahel. En revanche, il y a eu 19% de plus de blessés graves l'année dernière par rapport à 2024.
"Ce qui est notable cette année, c'est l'évolution non pas du nombre total d'enquêtes, mais l'évolution de la structure du portefeuille puisque le nombre d'affaires pour usage de la force, et en particulier les usages d'armes, sont finalement assez minoritaires. Il s'agit de 30% à peu près des affaires de l'IGPN, quand c'était 50% l'année dernière, observe mercredi sur franceinfo Stéphane Hardouin, magistrat et directeur de l’IGPN. Et quand on remonte aux affaires 2019-2020, il y avait les 'gilets jaune', on était vraiment sur une part très majoritaire".
"Pour les affaires de tirs mortels ou ayant entraîné des blessés graves, nous avons des cas qui ensuite ont été dans les deux-tiers, voire les trois quarts, judiciairement justifiés."
La proposition de loi votée en juillet, qualifiée de "permis de tuer" pour les policiers par ses opposants, est accusée d'organiser une impunité policière. "Ce n'est pas une présomption de légitime défense mais d'usage d'armes, assure Stéphane Hardouin. Je rappelle que les policiers, comme les gendarmes, ont le monopole de la force légitime. Ça ne dispensera pas de faire des enquêtes. Nous serons dans une approche où il faudra, le plus et le plus vite possible, rassembler les éléments, vidéo et analyse des tirs. Au moment de l'audition du policier, cela permettra de savoir s'il y a des éléments qui justifient une audition sous un régime de mise en cause, et peut-être le régime de la garde à vue".
Stéphane Hardouin indique que "c'est sur ce plan-là qu'il pourrait y avoir une incidence sur un plan technique, mais certainement pas sur la nécessité de conduire une enquête et de rassembler tous les éléments à charge et à décharge pour savoir ce qu'il en est. Nous sommes dans des affaires qui, évidemment, justifient que l'IGPN s'y penche".
L'IGPN a "diligenté 235 enquêtes judiciaires pour des atteintes à la probité" et constaté une hausse de plus de 45% des atteintes à la probité, dont un tiers relève de faits de corruption. Le patron de l'IGPN fait un lien avec la lutte contre le narcobanditisme. "Incontestablement, les groupes criminels ont intégré et utilisent des vulnérabilités humaines qui se traduisent par de la corruption", reconnaît Stéphane Hardouin.