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Tirs mortels en baisse, affaires de corruption en hausse... Quatre infos à retenir du rapport annuel de l'IGPN, "la police des polices"
Le rapport de l'Inspection générale de la police nationale pour l'année 2025 pointe notamment une forte hausse des infractions pour des "atteintes à la probité", mais aussi une augmentation des signalements pour des faits de harcèlement.
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Moins de tirs mortels, moins de saisines pour usage de la force, mais une nette hausse des enquêtes liées à la corruption dans les rangs de la police. Stéphane Hardouin, directeur de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a présenté, mercredi 23 septembre, le rapport annuel de "la police des polices". Voici quatre informations à en retenir.
Premier enseignement du rapport de l'IGPN pour l'année 2025 : les tirs mortels de policiers ont baissé par rapport à 2024. Au total, douze morts liées à l'usage d’une arme à feu par des policiers ont été recensées l'année dernière, contre seize l'année précédente. L'IGPN a été saisie dans dix cas. Pour les deux autres, le parquet a estimé qu'il n'était pas nécessaire de saisir "la police des polices". Sur ces dix cas, "six enquêtes ont déjà été clôturées et classées" par les services de l'IGPN, a souligné Stéphane Hardouin mercredi. Ce qui signifie que l'usage létal de l'arme par les policiers dans huit cas sur douze est considéré comme judiciairement justifié. Les quatre autres enquêtes sont toujours en cours.
La plupart des personnes ayant été tuées par les policiers en 2025 étaient "des forcenés porteurs d'armes blanches, voire d'armes à feu, et menaçant la vie des agents intervenants ou celle de tiers", explique le rapport de l'IGPN. Comme c'était déjà le cas en 2024, aucune de ces morts n'est en lien avec un refus d'obtempérer, contrairement à 2023, où trois personnes avaient été tuées dans de telles circonstances, dont Nahel Merzouk, abattu à bout portant par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Le nombre de blessés graves en lien avec des interventions de la police a, lui, fortement augmenté l'année dernière (+19% par rapport à 2024). Un total de 86 blessés graves a été recensé (contre 72 en 2024 et 108 en 2023), dont 77 hommes et 9 femmes.
Autre élément notable : le recul du nombre d'enquêtes judiciaires pour lesquelles l'IGPN a été saisie et dans lesquelles l'usage de la force par des policiers a été susceptible de constituer une infraction ou un manquement déontologique. Sur 1 007 enquêtes judiciaires diligentées par la "police des polices", l'usage de la force a été visé dans 322 affaires en 2025, contre 428 en 2024, 519 en 2023 et 868 en 2019. Soit le niveau le plus bas depuis 2015.
Il n'y a pas eu en 2025 de grandes mobilisations, comme celles des gilets jaunes en 2019 ou lors des violences urbaines de 2023, ce qui explique en partie, selon le directeur de l'IGPN, cette baisse des saisines. Stéphane Hardouin a rappelé que ses services ne sont saisis par les autorités judiciaires et administratives que "des cas les plus graves", en cas de morts ou de blessés graves.
Les usages de la force par les policiers ont eu lieu principalement l'année dernière sur la voie publique (à 189 reprises), dans les locaux de police (37), dans les cellules de garde à vue (19), dans les locaux de fouille (17), ainsi que dans les véhicules de police (25).
La problématique de la corruption au sein de la police occupe de plus en plus les services de l'IGPN. Les infractions pour des "atteintes à la probité" ont ainsi augmenté de 45% entre 2024 et 2025. Au total, 235 enquêtes ont été ouvertes l'an dernier dans ce domaine, dont certaines recouvrent plusieurs infractions en même temps.