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« Chaque km à vélo permet d’éviter 1 € de coût social » : un rapport d’experts démontre à quel point le vélo est capital
La Fédération française des Usagers de la Bicyclette vient de publier un rapport nommé « Santé en mouvement : le pouvoir de la marche et du vélo ». Pour le rédiger, la FUB a réuni un comité pluridisciplinaire de sept experts (cardiologue, pédiatre, psychiatre, économistes, kinésithérapeute, spécialiste de la santé durable) chargé de recenser les bénéfices du vélo au quotidien.
Le rapport s’ouvre sur un premier constat selon lequel l’inactivité physique est la quatrième cause mondiale de mortalité prématurée, derrière l’hypertension, le tabagisme et le diabète. En France, 95 % des adultes y sont exposés, à des degrés variables. Du côté des enfants et adolescents, leurs capacités cardiovasculaires ont baissé d’environ 25 % en trente ans, et seuls 37 % des déplacements des moins de 18 ans se font en modes actifs, comme la marche ou le vélo.
Le rapport critique aussi la politique de prévention menée jusqu’ici. Les gouvernements successifs misent sur des slogans adressés à chacun (« bougez plus », « mangez mieux »), sans transformer les villes qui rendent ces conseils difficiles à suivre pour une bonne partie de la population. Résultat : les bénéfices sont limités et les inégalités se creusent.
Les chiffres extraits du rapport montrent d’abord un effet sanitaire positif issu de la pratique du vélo. Cent minutes de vélo par semaine réduisent de 10 % la mortalité toutes causes confondues. Une pratique régulière est aussi associée à 40 % de maladies cardiovasculaires en moins et à 20 % de diabète de type 2 en moins.
Or, la pratique du vélo en France reste faible — elle représentait, en 2019, à peine 3 % de tous les déplacements. Malgré ce faible niveau, le vélo a évité cette année-là 1 919 décès prématurés et 5 963 maladies chroniques, selon une étude publiée en 2024 dans The Lancet Regional Health – Europe, cosignée par deux membres du comité, Marion Leroutier et Philippe Quirion.
Le rapport accorde également une large place à la santé mentale. Selon le rapport, 69 % des pratiquants d’activité physique régulière rapportent des effets positifs sur leur bien-être et une réduction du stress. Chez les jeunes, les déplacements actifs domicile-école sont associés à de meilleures performances scolaires. Enfin, 35 % des 18-34 ans estiment que leurs déplacements quotidiens ont un effet direct sur leur santé mentale.
Anne Sénéquier, psychiatre au sein du comité d’experts, l’explicite ainsi : « Le vélo est un régulateur psychique puissant : il réduit le stress, resynchronise le cycle veille-sommeil et réinscrit les individus dans leur territoire, transformant chaque trajet en sas mental qui restaure l’ancrage, la clarté cognitive et l’équilibre entre les différents temps de la journée. »
Pour les auteurs, le vélo agit donc sur la santé mentale, au-delà de l’effort physique.
Vient ensuite le volet économique, qui justifierait à lui seul une politique publique plus robuste. Selon le rapport, chaque kilomètre parcouru à vélo évite environ un euro de coût social. Avec le niveau de pratique de 2019, qui a depuis considérablement augmenté le vélo a permis d’éviter 191 millions d’euros de dépenses médicales directes et 4,8 milliards d’euros de coûts sociaux de santé. À titre de comparaison, la sédentarité coûte environ 17 milliards d’euros par an à la société française.
Toujours selon le rapport, si 25 % des trajets en voiture de moins de 5 kilomètres passaient au vélo, environ 1 800 décès supplémentaires seraient évités chaque année, et la société gagnerait 2,6 milliards d’euros de plus par an. Cela suppose une hausse modérée de la pratique.