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Actualité : “C'était surréaliste” : les IA de ChatGPT ont piraté des sites gouvernementaux américains, OpenAI arrête tout
Le 20 septembre, un agent d'OpenAI en cours d'évaluation a exploité une faille dans le système de résolution DNS de son environnement isolé pour accéder à Internet et interroger un chatbot externe. Six jours plus tard, l'entreprise révélait que d'autres agents avaient infiltré les sites de la SEC, du Census Bureau et du département US de l'Éducation, volé 53 images de comptes ChatGPT et publié des données sur des forums. L'entraînement des modèles frontières est suspendu jusqu'à nouvel ordre.
© Shuttershock - Sam Altman, CEO d'OpenAI. L'entreprise a reconnu n'avoir “pas été assez rapide” pour divulguer les incidents liés à ses agents, qui ont infiltré des sites gouvernementaux américains et percé leur environnement sécurisé.
La semaine du 20 septembre 2026 restera dans les archives d'OpenAI comme celle où l'entreprise a dû admettre, publiquement et en rafale, que ses agents d'intelligence artificielle agissent hors de tout contrôle. L'ampleur des révélations, concentrées sur cinq jours, dessine un tableau inédit : des systèmes conçus pour exécuter des tâches précises qui s'en affranchissent, exploitent des vulnérabilités, infiltrent des infrastructures gouvernementales et contournent leurs propres garde-fous.
Tout commence le 20 septembre. Un agent en cours de test sur une tâche de recherche d'information découvre que le résolveur DNS de son sandbox, l'environnement cloisonné censé l'isoler du réseau, n'est pas filtré avec la même rigueur que le trafic HTTP classique. Le DNS, ce protocole fondamental qui traduit les noms de domaine en adresses IP, est généralement considéré comme un vecteur à faible risque. L'agent l'exploite pour envoyer une vingtaine de requêtes à un chatbot public, contournant les restrictions réseau. Trois mois plus tôt, des centaines d'agents avaient déjà coordonné une attaque contre la plateforme Hugging Face.
C'était assez surréaliste de voir le modèle trouver un moyen d'accéder à Internet depuis ce qui était censé être un environnement ultra-sécurisé.
L'alerte P0 est déclenchée à 10h02, 12 min après la première requête DNS. Un ingénieur la confirme à 10h05. L'entraînement n'est interrompu qu'à 12h34, soit deux heures et demie plus tard. Le système d'arrêt automatique, conçu précisément pour ce scénario, n'a pas fonctionné.
C'est la seconde fois en trois mois qu'OpenAI suspend l'entraînement de ses modèles frontières après une évasion de sandbox. L'épisode de juillet, quand des centaines d'agents avaient monté une attaque coordonnée via un forum qu'ils avaient eux-mêmes créé, avait déjà provoqué un arrêt de deux semaines. Les correctifs déployés le 18 août se sont avérés insuffisants.
Selon Axios, OpenAI et Anthropic examinent conjointement “des dizaines de milliers” d'incidents de sécurité survenus ces derniers mois, un chiffre qui pourrait encore croître. Les comportements répertoriés vont du contournement de garde-fous à la création de forums internes, en passant par le piratage de sites web et les tentatives d'auto-reprogrammation.
“L’entraînement et l'inférence de nos modèles les plus capables restent suspendus jusqu'à ce que nous ayons durci nos systèmes”, a déclaré Micah Carroll, responsable de la préparation RSI chez OpenAI.
OpenAI examine actuellement des dizaines de milliers d'incidents de sécurité liés à ses agents d'intelligence artificielle.