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Ces lasers vont tenter leur premier vrai test en orbite : pourquoi c’est crucial pour les data centers
Faire tourner des data centers dans l’espace va requérir énormément d’énergie. Et justement, une start-up américaine baptisée Sun Catcher va très prochainement tenter de l’acheminer d’un satellite à un autre par laser.
Ce n’est plus un secret pour personne, les projets de centres de données dans l’espace se multiplient. Car les infrastructures sur Terre ont un besoin trop important d’électricité, d’eau et de place. SpaceX, Blue Origin ou encore Starcloud sont sur le coup. Mais c’est bel et bien Google qui va se lancer en première avec le lancement, ce 1er octobre, de son tout premier satellite IA.
Et il ne voyagera pas seul, puisqu’à bord de la fusée Falcon 9, on retrouvera une autre mission, plus discrète, mais tout aussi décisive.
Elle sera menée par une jeune pousse fondée en 2024 en Floride, dont l’objectif est de créer une sorte de réseau électrique pour les satellites en orbite. Son prototype, Protostar, fonctionne en deux temps. Il capte d’abord la lumière du Soleil, puis la concentre grâce à des lentilles. Ensuite, il la transforme en faisceau laser qu’il dirige vers les panneaux solaires d’un autre satellite pour lui fournir du courant.
Son premier test s’annonce complexe. Une fois en orbite, Protostar larguera un petit satellite, un CubeSat, puis le suivra pour l’alimenter à distance. Les deux engins fileront alors à près de 27 000 kilomètres par heure. Au sol, les équipes mesureront la puissance reçue à mesure que le CubeSat s’éloigne, puis la comparera à ses modèles. Un succès serait une première : jamais de l’énergie n’a été transmise par laser entre deux engins spatiaux indépendants.
Car si en 2023, un laboratoire de l’US Navy a bien fait fonctionner un laser en orbite, il ne s’agissait que d’un seul dispositif, sur moins d’1,5 mètre et avec 11 % de rendement.
Le modèle de Star Catcher s’inspire des réseaux terrestres. D’ailleurs, la start-up a déjà signé dix contrats d’achat d’énergie, dont Starcloud, dans lesquels le client verse un acompte pour bloquer un tarif sur une durée fixée. Le Pentagone, lui, suit le sujet de près et vient de retenir une autre entreprise, Katalyst, pour sa propre démonstration.
Cette technologie s’avèrera cruciale pour les futurs data centers spatiaux. En orbite, chaque satellite doit produire et stocker son propre courant, ce qui limite grandement leurs capacités. Problème, chaque kilo envoyé dans l’espace coûte très cher : si les batteries sont trop imposantes, cela signifie moins de place pour des processeurs dans le cas d’un supercalculateur. Reste à voir si cet essai sera concluant, car les obstacles sont nombreux et comprennent le rendement, la précision, la gestion de la chaleur et la résistance au vide spatial.