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Rachat de Warner : pourquoi ça se complique encore pour Paramount, malgré l’aval du gouvernement US
Le feu vert du département de la Justice américain devait ouvrir la voie au rachat à 111 milliards de dollars de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance. Mais outre-Manche, la ministre de la Culture britannique vient de jeter un pavé dans la mare, menaçant de faire dérailler le calendrier du géant du divertissement.
Fin 2025, Netflix tentait de mettre la main sur les studios et plateformes de streaming de Warner Bros. Discovery à travers une offre à hauteur de 83 milliards de dollars. Mais rapidement, le géant Paramount est entré dans la danse avec une proposition encore plus alléchante dans le but, cette fois, d’acquérir la totalité du groupe.
Détail majeur, c’est David Ellison, fils de Larry Ellison, le fondateur d’Oracle et proche soutien financier de Donald Trump, qui est aux commandes de l’entreprise. Une proximité qui a facilité ce rapprochement malgré des conséquences claires sur l’écosystème, puisque le département de la Justice a validé l’accord sans exiger la moindre concession. Mais tous les régulateurs ne sont pas du même avis.
Car d’après The Financial Times, Lisa Nandy, secrétaire à la Culture britannique, s'est déclarée « encline à intervenir » dans l’opération. En cause, la nécessité de préserver une pluralité des points de vue dans les médias d’information, mais aussi dans la propriété des entreprises médiatiques au Royaume-Uni.
Plusieurs marques bien implantées outre-Manche sont concernées : la chaîne Channel 5, déjà propriété de Paramount, mais aussi CNN International, TNT Sports, Cartoon Network, Nickelodeon, ainsi que les plateformes HBO Max et Paramount+. Combinés, ces actifs feraient de Paramount-Warner l’un des plus gros acteurs de l’audiovisuel dans le pays.
Paramount a jusqu’au 6 juillet pour répondre aux inquiétudes soulevées par la ministre. Mais si Lisa Nandy confirme son intention d’intervenir, le dossier basculera alors entre les mains de deux régulateurs : l’Ofcom, gendarme des médias, et la Competition and Markets Authority (CMA), déjà mobilisée sur le volet purement concurrentiel de la fusion.
Une telle décision serait loin d’être anecdotique, et le précédent du rachat d’Activision Blizzard par Microsoft l’a bien montré : validé sans difficulté aux États-Unis, l’accord a buté pendant de longs mois sur le refus initial de la CMA britannique, forçant Microsoft à revoir son offre pour espérer la faire passer.
Le rachat du quotidien The Telegraph par Axel Springer a connu un sort comparable, retardé pendant des mois par une procédure d’intervention similaire à celle que Lisa Nandy envisage aujourd’hui. Et le Royaume-Uni n’est pas le seul point de friction. Aux États-Unis même, une coalition d’États emmenée par la Californie prépare un recours pour bloquer ou limiter la fusion, malgré le feu vert du département de la Justice.
Même son de cloche du côté de l’Union européenne (UE), où Paramount a dû accepter de sortir de sa co-entreprise de distribution avec Universal pour espérer une validation, désormais attendue le 22 juillet.
Le dossier avance tout de même sur d’autres fronts : la Chine, le Canada, l’Australie ou encore l’Afrique du Sud ont déjà donné leur accord. Mais Paramount vise toujours une clôture au troisième trimestre 2026. Passé le 30 septembre, une clause obligerait le groupe à verser des indemnités croissantes aux actionnaires de Warner.