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Quel fiasco : la capsule Starliner de Boeing aura 10 ans de retard, si ce n'est plus...
Le verdict est sans appel : la capsule Starliner de Boeing ne sera pas certifiée pour des vols habités opérationnels avant 2027, soit dix ans après l’objectif initial fixé en 2017. Un désastre financier pour le constructeur américain.
Le programme Commercial Crew de la NASA a été lancé en 2014 avec un pari simple : confier à deux entreprises privées, Boeing et SpaceX, le soin de transporter les astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS) dès 2017.
Et si la capsule Crew Dragon de SpaceX a été certifiée pour les vols habités en 2020, Boeing, de son côté, a accumulé les retards. Il a fallu attendre 2024 pour le premier vol habité de Starliner. Prévu pour une dizaine de jours, il a finalement duré neuf mois en raison de défaillances de la capsule. Puis en février dernier, l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a officiellement classé cet épisode comme un « incident de type A », le niveau de gravité le plus élevé de l’agence.
Déjà rétrogradée au rang de simple vol cargo pour sa prochaine sortie, la capsule Starliner subit un nouveau revers : un audit de l’inspecteur général de la NASA, publié ce 30 juin, repousse encore l’échéance. Le document étrille Boeing et l’agence, accusés d’avoir fait preuve d’un excès de confiance dans les systèmes, tout en se fixant un calendrier irréaliste et en s’appuyant sur des données de simulation insuffisantes.
Résultat, une centaine d’anomalies ont émaillé le vol habité de 2024. Et si la plupart ont depuis été classées sans suite, deux dossiers sensibles restent activement surveillés : les fuites d’hélium et la surchauffe des propulseurs, auxquelles s’ajoute un risque toujours suivi de près sur les parachutes.
Dans ce contexte, l’inspecteur général a formulé six recommandations, toutes acceptées par la NASA, notamment l’établissement d’un calendrier clair pour les prochaines missions et l’assurance que les problèmes de 2024 soient enfin « résolus et documentés ». Si l’agence promet de tout boucler d’ici au 31 décembre 2026, la date de lancement du fameux vol cargo Starliner-1 reste, à ce jour, « à l'étude ». Concrètement, cela signifie qu’il ne décollera pas avant 2027.
Cela ne laisserait que trois années d’exploitation possible à Starliner avant la retraite programmée de la Station Spatiale internationale au début des années 2030. Un calendrier extrêmement serré pour un programme censé, à l’origine, assurer des rotations d’équipage pendant près de dix ans.
C’est un nouveau coup dur pour les finances de Boeing, mais aussi celles de l’agence spatiale américaine. Car la NASA a déjà retiré deux missions sur les six initialement prévues dans le contrat, amputant l’enveloppe de l’avionneur d’environ 500 millions de dollars. Pour compenser l’absence d’astronautes sur Starliner-1, l'agence doit désormais acheter un vol supplémentaire à SpaceX, facturé environ 300 millions de dollars… Sans compter les 17 millions déjà versés pour accélérer le calendrier de Crew Dragon.
Cerise sur le gâteau : l’inspecteur général révèle que la NASA a déjà versé près de 128 millions de dollars à Boeing pour Starliner-3, alors même que la tenue de cette mission est jugée « loin d'être certaine ». Un fiasco, en somme.