// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Le procureur de la République "se comporte comme l'avocat du fonctionnaire de police", dénonce l'avocat du lycéen poursuivi pour violences aggravées sur un policier à Belfort
Le jeune homme de 17 ans a été arrêté à Belfort, dans l'eau, par un policier qui a ensuite été passé à tabac. L'avocat de l'adolescent regrette qu'il n'y ait pas d'enquête sur les conditions de l'interpellation.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Le procureur de la République de Belfort "se comporte comme l'avocat du fonctionnaire de police", dénonce lundi 5 octobre sur franceinfo Arié Alimi, l'avocat de l'adolescent mis en cause dans le passage à tabac d'un policier à Belfort vendredi, lors d'une mobilisation lycéenne. Le jeune homme est poursuivi pour violences aggravées et a été placé en détention provisoire dimanche.
Mobilisation lycéenne : "Il était temps" que le gouvernement fasse un geste "mais il y a dix jours de retard", regrette Sophie Binet
L'avocat reproche au procureur de n'avoir "même pas ouvert d'enquête pour déterminer si le fonctionnaire de police avait tenté de noyer [s]on client. Les conditions de cette procédure sont véritablement assez insupportables", ajoute-t-il. "Je doute que [le procureur de la République] ait un droit visant à charger ou culpabiliser complètement un jeune homme qui vient d'être interpellé et placé en garde-à-vue", dénonce également Arié Alimi, qui déplore le traitement infligé à son client. "J'ai rarement vu un procureur de la République s'exprimer autant, aussi longuement, en faisant état de procès-verbaux de garde-à-vue, en montrant des images, je trouve ça assez déplorable."
Selon le procureur, en conférence de presse, le mis en cause a déclaré en garde-à-vue, à propos du fonctionnaire de police : "Je ne pense pas qu'il ait essayé de me noyer, j'ai eu cette impression au départ parce que j'ai été simplement surpris." L'avocat répond sur franceinfo que son client, de nationalité bulgare, "a des difficultés d'expression orale et de compréhension" et qu'au cours de sa garde-à-vue, alors "qu'il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il est possible que sur demande […] il ait indiqué son sentiment par rapport à la volonté du fonctionnaire de police." Mais pour Arié Alimi, "ce n'est pas la question, la question c'est de savoir si ce jeune homme a eu la tête immergée dans l'eau par deux fois et [s]a réponse est oui."
"Mon client est un enfant, poursuit l'avocat, et il a eu sa tête plongée par deux fois dans l'eau par ce fonctionnaire de police. Le procureur a éludé la violence de ces images." Arié Alimi accuse en outre le procureur de la République de Belfort de mentir. "Il a menti pace qu'il a indiqué qu'il n'avait pas connaissance d'une plainte pour tentative de meurtre par mon client alors même que cette plainte avait déjà été déposée auprès de ses services et signée bien avant la conférence de presse" qui s'est tenue dimanche après-midi, ajoute l'avocat.
Les images ont circulé dès dimanche soir sur les réseaux sociaux, montrant un policier tentant d'interpeller un adolescent dans un ruisseau à Belfort, sa tête étant immergée. Une fois hors de l'eau, l'agent est passé à tabac par une dizaine de personnes. Un mineur de 17 ans est en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet, en marge des manifestations lycéennes. L'adolescent est soupçonné d'avoir porté plusieurs coups de pied à la victime.
Plus tôt dimanche, le procureur de Belfort avait aussi annoncé l'interpellation d'un autre lycéen de 15 ans également soupçonné d'avoir frappé le policier. Ce dernier a été placé sous contrôle judiciaire "comprenant diverses obligations", comme l'interdiction de participer à une manifestation ou encore de porter une arme. L'enquête se poursuit désormais dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour violences aggravées.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?