// LES NUMÉRIQUES — SPAZIO & SCIENZA
Actualité : "Je crois avoir trouvé une planète que personne ne connaissait" : épaulé par Claude Code, il obtient une observation du télescope TESS de la NASA
© Pavel Rabtsevich - Modélisation 3D du système TIC 4206066, à 116 années-lumière de la Terre, avec ses deux planètes candidates : A, sur une orbite de 3,18 jours, et B, plus incertaine, en 11,13 jours.
Pavel Rabtsevich, chercheur indépendant installé à Tarragone, en Espagne, épluchait les archives publiques du télescope spatial TESS de la NASA avec Claude Code, l'agent de programmation d'Anthropic, quand une étoile s'est mise à clignoter bizarrement. Son récit, publié sur Reddit, s'adosse à un preprint déposé le 25 septembre 2026 sur Zenodo, l'entrepôt scientifique hébergé par le CERN. L'auteur s'en tient scrupuleusement au terme de planète candidate.
L'astre, une naine de type K cataloguée TIC 4206066 et située selon lui à 116 années-lumière, perd environ 0,05 % de son éclat pendant deux heures, tous les 3,18 jours. Le motif surgit dans des relevés de fin 2025, puis dans ceux de 2020 et de 2018 : 23 transits au total. Si l'objet tourne bien autour de cette étoile, son rayon atteint 1,4 fois celui de la Terre. Un second signal, nettement plus fragile, évoque un corps de 2,2 rayons terrestres bouclant son orbite en 11,13 jours.
Le preprint chiffre la probabilité de faux positif entre 3 et 4 % et précise qu'aucune validation statistique n'est revendiquée.
Retrouver un signal dans le secteur 110 ne prouverait pas qu'il s'agit d'une planète, et un résultat indécis ne montrerait pas que ce n'en est pas une.
Côté méthode, Rabtsevich raconte avoir confié l'exécution à Opus 5.5 et Fable 5.1 : téléchargement des données, code de recherche, ajustement des transits, chasse aux faux positifs. Bilan annoncé : 74 analyses en deux semaines environ, relues par Codex et par des sessions d'agents vierges, en lecture seule. Lui choisissait les questions et les critères d'échec. Un audit a d'ailleurs débusqué une affirmation statistique trop flatteuse, aussitôt retirée.
Son test favori : masquer une année entière d'observations, calculer l'orbite avec les deux autres, puis vérifier si les transits tombent aux instants prévus. Trois essais, trois succès.
Le test de l'année cachée : pour chaque campagne d'observation (2018, 2020, 2025), la courbe rose est la baisse d'éclat prédite à partir des deux autres années, les points noirs sont les mesures réelles de TESS.
Sa demande d'observation a été acceptée. Elle apparaît sous le numéro 100 dans la liste des programmes discrétionnaires de TESS, tenue par le MIT, avec une mesure toutes les deux minutes.
Le programme n°100 de Pavel Rabtsevich dans la liste officielle des cibles discrétionnaires de TESS, publiée par le MIT : une seule étoile visée, avec une mesure toutes les deux minutes.