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Près de 80 % des Français ont des données en vente sur le darknet
Environ 80 % des Français ont une partie de leurs informations personnelles en vente sur le darknet, a prévenu hier à Toulon le général André Petillot, major général de la gendarmerie. Des escrocs peuvent ensuite acheter ces fichiers pour monter de faux dossiers de prêt ou des arnaques.
Lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée, organisées par la fondation FMES, le général a précisé que certains Français sont bien plus exposés que d’autres. « Il y a des gens pour lesquels il y a tout », a-t-il ajouté, avant d’énumérer les coordonnées postales et électroniques en vente, jusqu’aux données de santé. D’après une étude publiée en juillet, 43,4 millions de comptes français ont été compromis entre janvier et juin 2026. Sur six mois, la hausse est de plus de 62 %. Pour Karim Hamia, expert en cybersécurité chez Check Point Software Technologies, interrogé en août par l’AFP, la France est le deuxième pays le plus touché par les fuites d’informations, derrière les États-Unis. Et une fois les fichiers vendus, leurs acquéreurs peuvent aussi exploiter ces informations hors ligne, jusqu’à la porte des victimes.
On a documenté sur Clubic la cyberattaque menée contre le fisc. Des pirates lui ont dérobé, fin juin puis fin juillet, les données de 678 000 particuliers et professionnels. Le groupe ZeroBytes, dont un membre présumé de 18 ans a été mis en examen et écroué début septembre, avait affirmé mi-août à l’AFP avoir vendu ces fichiers à deux acheteurs contre plusieurs milliers d’euros. Impossible de vérifier cette vente, mais la DGFiP a prévenu un par un les usagers concernés contre de possibles escroqueries ciblées.
Pour les tireurs sportifs, le risque est physique. Des pirates ont pénétré en octobre 2025 dans le logiciel de gestion des licences de la Fédération française de tir, et des criminels auraient ensuite exploité ces fichiers pour localiser des licenciés et cambrioler leur logement à la recherche de leurs armes, rapporte l’AFP.
Pour Hugues Foulon, directeur général d’Orange Cyberdéfense, présent à Toulon aux côtés du général Petillot, « un certain nombre d’infrastructures publiques ne sont pas à la hauteur » du niveau de protection exigé aujourd’hui.