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Coup de tonnerre chez Goodyear : la marque capitule sur l’entrée de gamme face aux pneus Chinois
Le marché automobile ne va pas fort, et cela dure depuis quelques années. La tendance s’accélère toutefois au fil des mois : l’industrie traverse aujourd’hui une crise sévère.
En cause ? La baisse globale des ventes, mais aussi la concurrence grandissante des marques chinoises. Aujourd’hui, on compte en effet pas moins de 129 constructeurs dans l’Empire du Milieu, même si ce chiffre devrait diminuer au fil des années.
En parallèle, les équipementiers chinois prennent une place grandissante, et surtout, ils tirent sur les prix pour faire drastiquement chuter ces derniers. Une situation de plus en plus difficile à vivre pour les marques « traditionnelles ». C’est par exemple le cas de Goodyear, qui a récemment revendu la filiale Dunlop à un groupe japonais.
Concrètement, Goodyear a revendu la marque Dunlop à Sumitomo Rubber Industries en janvier 2025 pour environ 701 millions de dollars (soit près de 680 millions d’euros), dans le cadre d’un plan de réduction de sa dette. L’opération, finalisée à la mi-2025, ne concernait que les pneus grand public en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie : Goodyear conserve les droits sur les pneus moto en Europe et en Océanie.
La firme américaine veut désormais se concentrer uniquement sur sa propre marque, Goodyear, comme le rappelle Xavier Fraipont, vice-président de Goodyear Racing. Relayé par Challenges, Xavier Fraipont détaille la nouvelle stratégie de l’entreprise.
Et désormais, l’équipementier veut miser sur le sport auto et le très haut de gamme. Il est ainsi fidèle à l’adage « gagner le dimanche pour vendre le lundi », puisqu’il considère la compétition comme un important vecteur d’image. À tel point qu’il cherche à ravir à son rival Michelin sa place en Hypercar aux 24 Heures du Mans. Il s’agit pour ceux qui ne le savent pas de la catégorie reine de cette compétition. Et tout cela n’a évidemment rien d’innocent : c’est même une question de survie pour l’équipementier.
Le tout tandis que la concurrence chinoise s’intensifie, et le marché des pneumatiques n’est pas épargné, bien au contraire. Or, les marques venues de l’Empire du Milieu se positionnent comme des alternatives à très bas prix.
Et désormais, Goodyear veut prendre le contre-pied, en visant au contraire le haut de gamme. On peut dire que Xavier Fraipont ne mâche pas ses mots. Il déplore que « les manufacturiers chinois sont à l’origine d’un dumping destructeur pour l’industrie européenne comme pour l’environnement ».
Par ailleurs, il souligne que « nous sommes pour la concurrence si les règles sont équitables, et ce n’est pas le cas ». C’est particulièrement vrai dans le poids lourd. Le dirigeant rappelle en effet que les pneus chinois sont si peu chers, « qu’ils sont jetés après usage, alors que dans le domaine du poids lourd, ils sont conçus pour être rechapés ». Il explique que « le rechapage est en baisse de 30 % alors que le marché est en hausse de 30 % ! »
Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement notamment. Car la production de nouveaux pneus reste très polluante, notamment si elle est réalisée en Chine, où les normes ne sont pas aussi strictes qu’en Europe.