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"Insultes et pressions" : des avocats dénoncent les conditions des gardes à vue de mineurs dans le cadre du mouvement des lycéens
Plusieurs avocats d'adolescents placés en garde à vue affirment que les forces de l'ordre n'adaptent pas leur comportement à l'âge de leurs jeunes clients. Certains rapportent des violences policières.
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Plusieurs avocats d'adolescents placés en garde à vue lors du mouvement des lycéens continuent de dénoncer, vendredi 9 octobre, des violences physiques, des insultes et des "tentatives d'humiliation" de la part de policiers dans les commissariats. Selon le dernier bilan du ministère de la Justice, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont 86% de mineurs. Tous les avocats qui se mobilisent sont issus de la Conférence du stage, le plus prestigieux concours du barreau de Paris.
L'un des mineurs gardés à vue "raconte avoir été tabassé dans sa cellule durant la nuit au motif qu'il a exercé son droit à garder le silence durant son audition", a écrit dès le 30 septembre un collectif d'avocats, baptisé Action judiciaire (CAJ), fondé et animé par des militants de Révolution permanente, organisation classée à l'extrême gauche, dans un communiqué posté sur Instagram. Le collectif avait annoncé son intention de porter plainte et de saisir la police des polices, visant particulièrement le commissariat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Une plainte est en cours de rédaction, a confirmé, jeudi, à franceinfo, Prisca Ancion, l'une des avocates membres du CAJ, qui a assisté une "petite dizaine" de jeunes en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, depuis le début du mouvement. Elle dénonce des "intimidations" en garde à vue, voire "des violences policières d'une particulière gravité". "Les lycéens décrivent une insulte, une gifle, un maintien de la tête au sol, des étranglements…", énumère la pénaliste, qui estime que les policiers n'adaptent pas "leurs pratiques (…) à la minorité" des gardés à vue. Selon elle, les commissariats sont le théâtre de "violences psychologiques" et d'"insultes racistes", affirme-t-elle.
Prisca Ancion dénonce aussi des "pressions des policiers" pour que les adolescents renoncent "à des droits fondamentaux" en garde à vue. "Les droits sont les mêmes que pour les majeurs : la présence d'un avocat et un examen médical. Mais les mineurs ne peuvent pas y renoncer : c'est obligatoire", expose l'avocate.
"Lorsque les jeunes en garde à vue veulent nous appeler, les policiers leur disent qu'on est de mauvaises avocates, qui vont demander beaucoup d'argent, alors que nous intervenons : on ne fait pas payer les familles !"
Une autre avocate du collectif, Romane Bartoli, avance auprès d'ICI Paris et France 3 Paris Ile-de-France qu'à Saint-Denis, "les policiers multiplient les tentatives d'intimidation". "Ils ont bloqué tous nos numéros pour nous empêcher de communiquer et de prendre attache avec les mineurs interpellés qui souhaitent être défendus."
Les jeunes lycéens racontent unanimement avoir aussi subi des pressions pour renoncer à leur droit au silence en garde à vue, d'après le CAJ. Car c'est ce que ce collectif conseille à ces jeunes interpellés, tout comme le Syndicat des avocats de France (SAF), qui a rédigé un guide à l'attention des lycéens.
Le président du SAF, Mohamed Jaite, a d'ailleurs manifesté mardi à Paris pour dénoncer le traitement des mineurs en garde à vue. "Il y a énormément de mineurs blessés, violentés. Des mineurs qui ont subi des traitements dégradants, (...) qui sont maintenus en garde à vue dans des conditions indignes… Et cela, c'est une généralité", a-t-il déclaré, interrogé par le Centre d'information documentation jeunesse. Il a cité des situations dans plusieurs grandes villes de région parisienne, pointant une "répression inédite".