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« Nous avons fui vers la forêt » : au Népal, une vague de boue dévastatrice surprend des villages en pleine nuit
Plus de 1 200 morts et 4 200 personnes portées disparues : le bilan de la catastrophe qui a frappé la vallée de la Bhote Koshi, au Népal, ne cesse de s’alourdir. Mais que s’est-il réellement passé le 26 août ? Pour comprendre ce phénomène hors norme, Kristen Cook, géomorphologue à l’Université Grenoble Alpes et spécialiste des risques naturels dans l’Himalaya, apporte son éclairage sur les mécanismes de la catastrophe et sur notre capacité actuelle à les détecter précocement.... Lire la suite
Un peu plus de six semaines après la catastrophe du Bhote Koshi, le Népal a de nouveau été frappé par une crue dévastatrice, le 11 octobre. Dans le district de Gorkha, un torrent de boue et de débris a balayé maisons et ponts. Un nouvel épisode dont les circonstances rappellent étrangement celles de la catastrophe du mois d’août.
[EN VIDÉO] En seulement 30 minutes, la rivière Bhote Koshi est montée de 9 mètres, dévastant plusieurs localités. Selon les premières analyses, un glacier se serait effondré avant de former un barrage naturel. En cédant, celui-ci a libéré un immense torrent d’eau, de boue et de roches.
Des maisons balayées par une vague d'eau noire et boueuse, des ponts emportés, des habitants contraints de fuir vers les hauteurs... Non, il ne s'agit pas d'une rediffusion de la catastrophe qui a frappé le Népal il y a à peine six semaines, mais bien d'un nouvel événement tragique survenu dans les vallées himalayennes.
Nepal has been hit with another flood pic.twitter.com/QbOToS7SZG
Le scénario qui s'est déroulé ce dimanche 11 octobre, bien que moins dramatique, présente en effet des similitudes avec la catastrophe du Bhote Koshi. C'est cette fois le district de Gorkha, dans le centre-nord du Népal, qui a été touché, et plus précisément les vallées où s'écoule la rivière Budhi Gandaki.
Vers 4 h 45 du matin, heure locale, un habitant de Jagat Bagar est soudainement réveillé par un appel téléphonique. Une connaissance vivant plus en amont l'alerte : une crue dévastatrice déferle dans la vallée et il doit se mettre à l'abri au plus vite. « En moins de 10 minutes, la rivière a brusquement gonflé dans l'obscurité. Nous avons donné l'alerte, réveillé tout le monde et fui vers la forêt », raconte Suna Gurung au Kathmandu Post. Quelques minutes plus tard, sous les yeux horrifiés des habitants, une vague d'eau noire pulvérise en effet plusieurs maisons du village, emportant routes et voitures.
???????? Flash floods hit central Nepal on Sunday, sweeping away houses and leaving at least five people missing, officials said, weeks after devastating flooding that killed hundreds.➡️ https://t.co/V9xmJfY7qU pic.twitter.com/9591Gsr02T
Le SMS d'alerte officiel n'arrivera que vers 6 h 40, soit près de deux heures après le début de la crue. On peut donc penser que c'est grâce à cette alerte précoce donnée par un habitant, réveillé par des bruits suspects provenant de la rivière, que les villageois des communautés en aval ont eu la vie sauve. À l'heure actuelle, seules quatre personnes sont portées disparues. Pour Suna Gurung, c'est évident : « Si nous avions attendu le message officiel du gouvernement, des douzaines d'entre nous auraient été emportés dans leur sommeil. »
Si de nombreuses pertes humaines ont donc pu être évitées grâce à un relais efficace de l'information notamment via les réseaux sociaux, les dégâts, quant à eux, sont importants et témoignent de la violence de la crue. Mais quelle est son origine ?