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Affaire Grégory : l'obsession d'une ex-journaliste poursuivie en diffamation par Christine Villemin
Plus de 40 ans après la mort du petit Grégory, Christine Villemin, innocentée par la justice, intente un procès en diffamation contre une ancienne journaliste de 82 ans qui l'accuse d'infanticide.
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Le face-à-face n'a pas eu lieu lundi 12 octobre au tribunal correctionnel de Paris. Les deux femmes étaient absentes de l'audience, représentées par leur avocat respectif. "Il est inadmissible que quiconque dise qu'elle a tué son gosse de quatre ans", a clamé le conseil de Christine Villemin qui réclame la condamnation de Marie-France Lefèvre-Bezzina. Cette ancienne journaliste, âgée de 82 ans, est encore aujourd'hui persuadée que Christine Villemin est coupable d'avoir tué son fils et le clame sur les réseaux sociaux.
Affaire Grégory : corbeaux, jalousie, soupçons dans la famille... On vous résume quatre décennies d'une enquête qui fascine la France
En juin 2025, elle écrit notamment sur Facebook, que la mère de Grégory "n'a fait que mentir", estimant qu'"il n'y a pas besoin d'aveu". Une semaine avant, elle assure que "l'assassin habite au 21", le numéro de la rue de l'actuel domicile de Christine Villemin et son mari Jean-Marie, en Essonne. Le lendemain, elle ose convoquer les enfants du couple : "Imaginez ces enfants dont les deux parents sont des assassins". Jean-Marie Villemin a lui été condamné pour le meurtre en mars 1985 de son cousin Bernard Laroche, à l'époque inculpé de l'assassinat du petit Grégory. L'ancienne journaliste assure aussi que Christine Villemin se cache derrière le corbeau qui a terrorisé la famille pendant des années et a revendiqué le crime.
Depuis le début de l'affaire Grégory, Marie-France Lefèvre-Bezzina et son mari également journaliste, mettent en cause Christine Villemin. Le petit Grégory a été retrouvé le 16 octobre 1984, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne, dans les Vosges. Depuis l'affaire est toujours non élucidée, avec une instruction toujours en cours. Quand l'affaire éclate, les époux Bezzina sont tout de suite sur les lieux. Journalistes locaux, ils suivent l'affaire pour des grands médias nationaux comme Le Figaro, France-Soir, Le Parisien, le JDD, RTL, ce qui leur confère une capacité d'influence très importante dans l'opinion. Ils participent à la cabale contre Christine Villemin qui sera inculpée le 5 juillet 1985 pour homicide volontaire sur son enfant, et passera 11 jours en détention provisoire. En 1993, elle bénéficie d'un non-lieu retentissant, après que la justice formule de manière inédite une "absence totale de charges", aux accents d'excuses. La mère de Grégory détient toujours le record d'indemnisation journalière de détention indue, à la hauteur de l'ampleur de l'erreur judiciaire dont elle fut victime.
Malgré cette décision de justice, Marie-France Lefèvre-Bezzina, continue de "répandre son fiel" jusqu'à aujourd'hui, dénonce l'avocat de Christine Villemin qui réclame 100 000 euros de dommages et intérêts, jurant de ne plus rien laisser passer. Le compte Facebook est depuis fermé. L'avocat de l'ex-journaliste, dont le mari est mort, demande la relaxe et défend une "opinion dissidente" qui s'exprime au nom de la liberté d'expression avec des "éléments qui autorisent, dit-il, une personne à croire ce qu'elle dit, même si ça n'est pas vrai". La décision de justice sera rendue le 7 décembre.
Le couple Villemin et l'ex-journaliste s'étaient déjà affrontés judiciairement il y a trente ans : à l'époque, c'est Mme Lefèvre-Bezzina qui avait attaqué pour diffamation les parents de l'enfant après la parution de leur livre Le seize octobre (Plon). Mais le tribunal avait relevé son "parti pris et son manque d'objectivité" pour la débouter.
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