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Actualité : Apnée du sommeil : des patients français vont tester un suivi dopé à la 6G pour ne plus abandonner leur masque PPC
Un masque plaqué sur le visage, un tuyau, le souffle continu d'une machine au pied du lit : beaucoup d'apnéiques rendent les armes dès les premiers mois. Dévoilé ce 14 octobre, le projet européen 6G-CARE s'attaque à ce décrochage en France, avec des thérapies ajustées à chaque dormeur et des réseaux mobiles taillés pour le soin.
© Andrey_Popov - En France, le projet européen 6G-CARE veut adapter la thérapie par PPC au profil de chaque apnéique pour limiter les abandons.
L'apnée du sommeil, ces arrêts respiratoires à répétition qui hachent la nuit, concernerait plus de trois millions de Français selon la Fondation du Souffle. Son traitement de référence, la pression positive continue (PPC), maintient les voies aériennes ouvertes grâce à un flux d'air envoyé dans un masque. Redoutablement efficace, terriblement contraignant, au point que des fabricants comme Philips cherchent depuis longtemps à rendre leurs masques moins gênants. Nombre de patients le remisent pourtant au placard bien avant d'en avoir tiré le moindre bénéfice.
Pendant que la recherche explore des traitements capables de se passer du masque, 6G-CARE prend le problème par l'autre bout. Ce programme de recherche, coordonné par le Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) et financé par l'Union européenne, confie en France un volet entier au prestataire de santé à domicile Linde Homecare. L'objectif affiché : adapter la thérapie au profil de chaque malade pour freiner les abandons.
Le terrain français s'y prête à merveille. Depuis l'arrêté du 13 décembre 2017, la grande majorité des appareils sont télésuivis. Leurs heures de fonctionnement remontent automatiquement au prestataire, dont la rémunération dépend de l'assiduité du patient, libre toutefois de refuser ce suivi. La barre est fixée à 4 heures par nuit en moyenne, soit 112 heures sur 28 jours. Sous 56 heures, l'observance est jugée médiocre.
Linde Homecare France propose déjà son application LISA pour suivre sa thérapie. 6G-CARE veut pousser la logique plus loin, en mariant ces flux de données à l'intelligence artificielle pour personnaliser la prise en charge nuit après nuit.
Le projet réunit 18 partenaires de neuf pays pendant trois ans, et l'apnée n'est que l'un de ses chantiers. Près de Barcelone, des ambulances transmettront l'état du patient à l'hôpital pendant le trajet. Au Luxembourg, des résidents de maisons de soins suivront leur rééducation sous l'œil d'un kinésithérapeute à distance, grâce à une vue 3D immersive. Le Royaume-Uni testera des unités mobiles d'évaluation de l'autisme et la Belgique outillera ses secouristes. En Crète, des réseaux d'urgence épauleront drones et capteurs portés quand séismes ou inondations coupent les communications.
Reste un bémol de taille : la 6G commerciale n'est attendue qu'autour de 2030. Sébastien Faye, coordinateur du projet et responsable du groupe de recherche DISCO au LIST, parle lui-même de connectivité de nouvelle génération, la 6G ne venant qu'ensuite. Les premiers essais s'appuieront donc logiquement sur les réseaux les plus avancés disponibles aujourd'hui.
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