// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Guerre secrète dans la Silicon Valley : OpenAI accuse un ex-salarié d’avoir montré son futur produit à Apple
OpenAI affirme qu’un ancien salarié, depuis retourné chez Apple, aurait transféré plus d’une centaine de fichiers confidentiels vers ses comptes personnels avant de présenter l’appareil concerné à plusieurs cadres du groupe de Cupertino. Apple conteste ces accusations, qui n’ont pas encore été établies par la justice.
Le conflit entre Apple et OpenAI vient de prendre une tournure inattendue. Dans un document déposé devant un tribunal de San Jose, OpenAI affirme qu’un ancien salarié passé par Apple puis revenu dans le groupe de Cupertino aurait présenté les projets de produits encore confidentiels d’OpenAI à plusieurs dirigeants d’Apple, dont un vice-président chargé des opérations en Asie.
Ces accusations n’ont pas été tranchées par la justice. Elles viennent toutefois compliquer un dossier ouvert en juillet, dans lequel Apple accuse déjà OpenAI d’avoir bénéficié de secrets industriels emportés par d’anciens employés.
Une partie de ces transferts aurait eu lieu peu après minuit, heure de Singapour, le 2 juin. Ce qui correspondrait à son dernier jour chez OpenAI.
OpenAI cite notamment le lancement de HomeView pour souligner qu’Apple développe lui aussi des appareils intégrant de l’IA. L’entreprise craint que ses informations confidentielles puissent nourrir les projets de son concurrent, sans démontrer qu’elles ont servi à concevoir cet écran connecté.
La firme à la pomme rejette ces accusations. Le groupe affirme interdire à ses nouvelles recrues d’utiliser les informations confidentielles de leurs anciens employeurs et indique à Reuters n’avoir trouvé aucun élément étayant les accusations d’OpenAI.
Dans un courrier daté du 12 octobre, ses avocats précisent que les deux numéros personnels mentionnés par OpenAI ne correspondent pas au numéro professionnel de l’ancien salarié. Ils ajoutent qu’aucun fichier d’OpenAI n’a été retrouvé dans les espaces informatiques examinés en lien avec son travail chez Apple.
Les avocats du groupe reprochent aussi à OpenAI d’avoir porté ces éléments devant le tribunal plutôt que d’avoir poursuivi directement les échanges avec Apple. La firme de Sam Altman ne demande pas encore au tribunal de sanctionner la Pomme pour ces faits. L’entreprise souhaite d’abord approfondir son enquête avant de décider si elle présentera ses propres demandes contre le groupe dans le cadre du procès en cours.
L’affaire avait débuté en juillet lorsqu’Apple avait attaqué OpenAI en visant plusieurs anciens salariés, notamment Chang Liu et Tang Tan, aujourd’hui responsable du matériel chez OpenAI. Le groupe les accuse d’avoir emporté avec eux des informations confidentielles liées à ses travaux de conception.
OpenAI conteste cette version. Mercredi, le juge Edward Davila a néanmoins indiqué qu’il était très probable qu’il accorde à Apple l’injonction préliminaire réclamée. OpenAI s’est alors engagée à ne pas utiliser les secrets présumés pendant la procédure.